Comme l’indique le titre, je cherche a savoir ou faire passer mes réseaux surtout, puis tant que l’on y est, avoir votre avis sur le passage de l’électricité.
Je prévois un complexe de sol 20 cm hérisson ventilé (incluant les évacuations sanitaires), 15 cm de dalle isolante Chaux/chanvre, et 5 cm de chappe en mortier de chaux. Le top de la perméabilité et du confort thermique. Seulement je calle sur le meilleur choix à faire pour le passage de mes multicouches diamètres 16 et 20.
Dans le hérisson ? Sur le hérisson avant dalle ? Dans la dalle, sa deuxième moitié ? La chappe, ça passe ? Ce dernier est mon préféré car ça me laisserait le temps de bien gérer la pose de la dalle chaux chanvre une bonne fois.
Vous me direz peut-être dans les murs enfuits dans l’isolant ? Cela ferait une bien plus grande distance à parcourir avec le spertes de calorie et de pression non, (sans parler du prix) ?
Je compte faire arriver l’eau dans la maison par du PE 25 gainé bleu directement sous le hérisson et ressortir au niveau de mes nourrices/collecteur.
Voilà je suis perdu sur une question de plomberie de base… Quand pensez-vous chère réseau ? Je suis un peu perdu avec tout ce que l’on voit sur internet, et aucun ne traite de situation de dalle en C/C.
Pourriez-vous préciser le revêtement de sol et le format svp ?
Pourquoi une chape chaux/sable supplémentaire de 5cm plutôt que 20cm de dallage chaux/chanvre ?
Le revêtement sera mixte entre terre cuite (cuisine), et plancher (salon/salle à manger).
Une chape pour la rigidité finale - mais je veux bien aussi en discuter
Selon moi c’est plus intéressant de passer en ouvrage monolithique homogène, que multicouche différencié. Plus intéressant d’un point de vue thermique, plus intéressant d’un point de vue mécanique.
De plus, 20 cm vous permet de passer vos gaines sur le hérisson avant de mettre en œuvre la dalle chaux chanvre.
Préférez une chaux NHL3.5 ; pas de préformulé, pas de NHL5, qui diminueraient très significativement les propriétés de régulation hygrométriques et de perméabilité à la vapeur d’eau.
Déposez le mélange sur 25/30cm, ratisser pour homogénéiser et dresser le plan, puis tasser.
La mise en œuvre se fait à l’avancée ce qui permet de réussir le niveau.
Les tommettes se posent à la barbotine de chaux. Les joints idem.
Pour le plancher bois, attention pas de pose flottante (collé) avec un plancher massif.
Uniquement une pose clouée sur lambourde.
Insérez dans votre dalle chaux/chanvre des lambourdes trapézoïdales comme ci-après :
Vous pourrez les contraindre juste après la mise en œuvre de la dalle en chargeant du poids dessus, pour contourner les risques de déformation du bois liée à l’humidité du chaux/chanvre.
Le trapèze permet de sceller les lambourdes et surtout, augmente la surface d’appuis…
Merci Jean-Patrick pour ces conseils très intéressants, notamment sur la pose des trapèzes, je ne connaissais pas cette méthode !
Pourquoi est-ce que de faire une dalle C/C de 20 cm permettrait-il de faire passer les gaines sur le hérisson alors qu’une de 15 cm ne le permettrait-il pas?
Considérant que je reste sur mon montage initial, que me conseillerez-vous comme stratégie de passage de gaines ?
Je ne dis pas que ce n’est pas possible, je dis que cela crée une faiblesse car l’épaisseur des gaines est à déduire de l’épaisseur de la dalle.
Je dis aussi que la chape chaux/sable réduit la performance thermique et le rapport d’effusivité/diffusivité du complexe (votre tomette et votre plancher bois seront plus froid avec une chape chaux/sable que sans) ; il est question de la température des matériaux pas de l’isolation en tant que telle…
D’une manière générale en dalle chaux/chanvre à base de NHL3.5 c’est à dire sans adjuvantation (ciment et/ou sable de pouzzolane), je prescris 17cm. J’ajuste cette épaisseur (+/-) en fonction des dimensions de la dalle ; plus la dalle est grande, plus elle est épaisse ou alors au delà de certaines dimensions (L x l) des joints de construction sont réalisés (plusieurs dalles distinctes)
Cela contourne les risques de désordres qui pourraient être du :
à un compactage insuffisant ou hétérogène du hérisson,
hétérogénéité des gâchées successives de chaux/chanvre, voir défaut de dosage/préparation que l’on passe quand même dans l’ouvrage… (et c’est compréhensible)
au fluage du hérisson (pénétration des agrégats dans le sol, suivant leur granulométrie et la nature du sol
à l’insuffisance d’épaisseur et/ou de masse dans lesquels les tension en tractions se dispersent (puisque absence d’armature et malgré le fibrage de la chènevotte)
Alors vous me direz que c’est beaucoup de précaution qui ne sont peut être pas nécessairement impérieuses, mais quand il s’agit de « risque », il est question des chances que le risque se réalise, qui peuvent être faibles, voir très faibles, mais aussi des conséquences si le risque se réalise, qui peuvent se dévoiler particulièrement délétères voir dramatiques.
j’adhère parfaitement au principe de précaution consistant à être prudent et exigeant pour s’assurer le minimum de défaut, entretien à l’avenir.
Sachez déjà que vous avez fait évoluer notre projet en supprimant la chappe chaux/sable. Nous partons donc sur une dalle de 20 cm. Nous protégerons ensuite la dalle par des panneaux OSB, après un certain temps de séchage pour s’assurer de ne pas l’endommager à la suite du chantier qui sera certainement encore assez long.
Ensuite, je suis ravi de pouvoir faire passer mes réseaux directement sur le hérisson, cela est plus simple pour moi
J’aurai quelques questions supplémentaires.
Est ce que cette logique prévaut également pour les gaines électriques ?
J’aimerais m’assurer de poser les gaines capables de résister aux pressions qu’elle subira avec 20 cm au dessus. Auriez-vous des caractéristiques techniques minimale à rechercher, un fournisseur ou un produit en particulier ?
Dois-je prévoir un joint de dilatation entre dalle C/C et mur ? Si oui, de combien, et quels matériaux conviendrait pour cela. J’ai pensé au liège, mais quand on voit le prix que cela coûte…
Ma dalle fait 52m², pensez-vous qu’il faille que je la divise comme vous le suggérez ?
Ca fait beaucoup de questions… je vous remercie déjà pour les précieux conseils fournis et le temps accordé !
Samuel
les réseaux EU eaux usées (PVC 40/50/100) qui sont implantés dans le hérisson, sous dallage, puisqu’ils demandent une pente (1% < DN 100 et 3% >= DN100) les traversées de dalles sont manchonnées en traversées de dallage pour éviter les tensions dues à de possibles tassements différentiels sur la conduite.
les réseaux AEP adduction d’eau potable et adduction électrique BT basse tension sous fourreau (gaine TPC bleue ou rouge DN50, 63, 90) qui sont implantés dans le hérisson, sous dallage ou avant le hérisson sur le sol naturel ou parfois même en tranchées…
et les autres réseaux gainés (gaine ICTA, pour électricité, PER, etc) qui eux sont implantés SUR le hérisson et donc en partie inférieur de la dalle.
Ce que je vous indique sont des prescriptions des DTU concernées par l’implantation de réseaux sous dallage et incorporés au dallage, notamment les
DTU 13.3 : dallages ; conception, calcul et execution.
Un marquage CE et NF garantie un produit conforme à ces réglementations.
Un joint de dilatation :
Il se met en œuvre en extérieur pour palier aux effet de la dilatation de l’ouvrage (tout les 30ml. (sur toutes l’épaisseur du dallage. (ce n’est pas votre cas)
Un joint de retrait ou de fractionnement :
Du fait de l’hydratation du liant et de son séchage progressif, le béton fait naturellement du retrait
Bien moins lorsqu’il est fibré (chanvre), sans que le risque ne puisse être totalement écarté.
Le joint de fractionnement sert à contrôler la fissuration du béton. (voir ma réponse plus bas)
Question désolidarisation de la périphérie, il suffit simplement d’utiliser une bande résiliente en mousse PU. Vous pourrez purger tout ou partie de cette bande après 20 jours et reboucher les quelques mm avec un mortier fin ou laisser tel quel.
Tout rupture mécanique fonctionne également. En éco-construction Il peut s’agir de bande cartonnée ou rouleau de carton ondulée.
C’est également ce produit que vous pourrez utiliser pour les manchons de traversée de canalisation PVC.
Un joint de fractionnement encore appelé joint de retrait tous les 5ml sera suffisant.
Il s’agit de réaliser un sciage sur 1/3 de l’épaisseur du dallage entre 6 et 24h après placage du béton.
C’est une amorce de fissuration. Vous choisissez ainsi l’endroit ou l’ouvrage se rétracte. Cette fissuration est stable et non évolutive après 28 jours.
Rebonjour jean-Patrick, vous êtes une véritable mine d’informations très précieuses. Une question, une réponse, en mène une autre questions, … n’hésitez pas à vous arrêter quand vous le désirez.
Si je comprends bien avec un rouleau de carton ondulé je peux désolidarisé dalle<> mur et protéger les remontées verticales de réseau dans les dalles.
Citation Le trapèze permet de sceller les lambourdes et surtout, augmente la surface d’appuis…
Superbe cette méthode. J’imagine que les plaques OSB que je compte poser vont réussir à contraindre les lambourdes trapezoidales durant la phase de séchage. J’imagine que cette précaution est fondamentale pour ne pas se retrouver avec un supports de fixation du plancher caduque.
J’imagine qu’il faut plutôt les poser dans la largeur , c’est à dire des longueurs de 5 mètres. Et de combien pensez-vous qu’il faille que je les espaces ?
Et quelles serait les dimensions/caractéristiques de ces lambourdes notamment épaisseur ?
Citation Déposez le mélange sur 25/30cm, ratisser pour homogénéiser et dresser le plan, puis tasser.
La mise en œuvre se fait à l’avancée ce qui permet de réussir le niveau
Que signifie dresser le plan ?
J’envisageais de tirer des bandes de béton CC à niveau, séparées de deux mètres conformément à la longueur de ma règle. Au sein desquelles je pourrais verser, tasser et reposer les niveaux.
Citation• DTU 13.3 : dallages ; conception, calcul et execution.
• DTU 60.11 : évacuation eaux usées et pluviales
• DTU 60.31 : canalisations en PVC
• NFC 15-100 : installations électriques domestiques basse tension (NFC 14-100 pour l’extérieur)
Maintenant qu’on en est arrivé là, il nous faut aller jusqu’au bout, non ?
Oui, vous avez parfaitement compris ; suivant l’épaisseur du carton, vous pouvez en mettre 2 couches, les faces plates vers l’extérieur, les faces ondulées l’une contre l’autre… Ne vous inquiétez pas de la déstructuration du carton à l’humidité, il n’a qu’une seule vocation : créer un espace entre le liant et le mur et entre la dalle et le tuyau.
Quel est votre revêtement final : plancher bois massif ou stratifié bois ?
Quel serait la vocation de ce voile OSB ?
S’agit il de dalle de plancher épaisseur 16, 18, 22 mm rainurés bouvetés ou de panneau de contreventement 9, 10, 11, 12, 15 mm ?
Deux chose l’une,
soit c’est un plancher bois massif et l’OSB est inutile, le plancher est cloué directement sur les lambourde. L’entraxe des lambourdes variera selon l’épaisseur du plancher entre 40 et 60cm.
soit c’est un stratifié est l’OSB sert de support et d’interface au stratifié, et alors ce sont les lambourdes qui sont inutiles puisque la résistance de la dalle sera suffisante. L’ensemble sera « flottant ».
Attention, l’OSB selon sont épaisseur est un véritable frein vapeur.
Posé avant séchage, il va gonfler significativement et va nuire tout aussi significativement au séchage.
38 x 98 mm est le standard (4 x 10 cm)
On trouve aussi du 30 x 75…
elles sont couraient utilisée en étanchéité sous couverture pour créer des points hauts d’étanchéité.
Disponibles chez les distributeurs de matériaux.
Lorsque vous allez déverser votre mélange il y aura des creux et des bosses. Il faut répartir au râteau.
La règle ajustera peut être le niveau en surface, mais il restera de grosse différence de densité dans la profondeur et vous retrouverez creux et bosse au tassage. Le ratissage au râteau permet en quelques sorte de « peigner » le mélange, d’homogénéiser la couche déposée, pour un tassage tout aussi homogène et la conservation du plan…
Dresser le plan = répartir de plan.
C’est le DTU 60.1 : plomberie sanitaire pour bâtiment.
La partie 1-1-1 traite des spécifications de mise en œuvre des canalisations d’alimentation en eau froide et eau chaude sanitaire (ECS), à l’intérieur d’un bâtiment neuf ou existant.
Je me permets de suivre vos échanges qui sont vraiment super intéressants! J’en suis au même questionnement. Serait-il possible de venir visiter ton chantier Samuel stp? Merci. Laure
Citation Je me permets de suivre vos échanges qui sont vraiment super intéressants! J’en suis au même questionnement. Serait-il possible de venir visiter ton chantier Samuel stp? Merci. Laure
Bonjour Laure,
aucun souci, souhaites-tu venir pendant la phase de pose de la dalle CC ? ou sinon après, je te filerai mes coordonnées à la demande.
Jean-Patrick,
Quelqu’un vient de me mettre le doute dans la tête. Un aficionados de la construction passive… alors que je le questionner d’abord sur la mise en place d’un puit canadien…
Mon projet est une réaffectation de grange de plus de 70m².
Selon lui, la dalle CC ne serait que très faiblement isolante. Jean-Patrick que pensez-vous de la capacité d’isolation thermique d’une dalle CC de 20 cm ? Je vais refaire le tour des R et des lambdas, mais votre avis m’intéresse.
Que pensez-vous d’un montage dalle C/C + 5cm de liège ? Il y aurait-il certaine « incompatibilité » ou non sens à cette solution ? Apporterait-elle un véritable gain de confort ? Je sais qu’elle serait beaucoup plus cher…
Citation Quel est votre revêtement final : plancher bois massif
Ce n’est pas encore arrêté, mais idéalement du massif. L’OSB était une combine pour éviter d’abimer le dallage CC, en effet, 15 jours plus tard il me faut monter un échaffaudage pour le changement de la charpente. Je découvre l’effet « frein-vapeur » de l’OSB… ravi elle sont arrivés aujourd’hui (avec le chanvre et la NHL3.5)… je vais donc soit les poser sur des planches pour laisser une lame d’air, soit ouvrir de temps en temps, soit les deux, soit laisser tomber …
C’est un OSB de 9cm.
Citation L’entraxe des lambourdes variera selon l’épaisseur du plancher entre 40 et 60cm.
C’est donc environ une lambourde trapézoïdale tous les 50 cm environs insérée à la surface du dallage C/C?
Petite remarque pour dire que puit provençale ou puit canadien en mode ventilation naturelle ne sont probant que dans des climats marqués. En climat tempéré, les intersaisons effondrent l’intérêt d’une telle installation.
Aujourd’hui, il est préférables d’intégrer un puit aérotherme sur l’entrée d’une VMC double flux qui régulera l’acceptation ou le refoulement de l’air externe selon les besoin thermique interne (chauffage/refroidissement).
Seulement voilà, pour qu’une VMC DF ne consiste pas à jeter son budget par la fenêtre, il faut atteindre une étanchéité à l’air élevé. Et en bâti ancien, c’est extrêmement compliqué ou cela impacte le budget au point de rendre le gain de performance pour 1€ investit discutable pour ne pas dire absurde au regard d’autres solutions.
La conductivité thermique est loin d’être le seul facteur à prendre en considération dès lors qu’il est question de performance thermique, qui plus est en rénovation du bâti ancien.
Je fais une parenthèse pour réaffirmer que les méthodologies diagnostiques réglementaires en vigueur et donc les préconisations qui sont faites ne sont pas toujours adaptés au bâti ancien et son comportement thermodynamique (comportement thermodynamique que l’on modifie profondément en isolant la construction, et qui peut favoriser des phénomènes dont les plus connues sont les remontées capillaires.
Les avantages des solutions chaux chanvre ne sont malheureusement pas considérées par la méthodologie réglementaire. Il est question de régulation hygrométriques remarquables (pour ne pas dire incomparable), et de son rapport d’effusivité/diffusivité (isolation/inertie mais aussi rayonnement…
La régulation hygrométrique dans le bâti ancien est capitale puisque le bâti ancien ne dispose pas de coupure de capillarité entre le soubassement et l’élévation. Sans ces propriétés de régulation, des cycles d’évapotranspiration serait à l’œuvre en période de chauffe et consacrerait une consommation de calories sans élévation de température…
Le rapport d’effusivité/diffusivité consacre en quelque sorte la température des matériaux… Et la température ressentie n’est autre que la moyenne entre la température de l’air et la température des matériaux qui vous entoure.
Ces 2 éléments font toucher du doigt pourquoi on peut se trouver dans un inconfort particulier dans des volumes ou la température est pourtant élevée…
Les éléments qui font la performance des constructions sont de plusieurs nature distinctes et interdépendantes :
la valorisation des apports solaires passifs
l’isolation de l’enveloppe
la performance de menuiseries (bâti/vitrage et vitrage adapté à l’exposition solaire)
l’étanchéité à l’air (toute relative puisque avec un seuil de 0.6m3/m2/h)
l’inertie
pour certaines voiles, le déphasage.
la gestion des interfaces (murs/sols, murs/plafond, murs/menuiseries
la ventilation
le mode de chauffage (il arrive que des modes de chauffage ne soient pas adapté à la configuration ou au choix projet, et offre un rendement médiocre)
Si l’on ne se concentre que sur l’isolation de l’enveloppe, le sol est loin d’être le principale poste de déperdition.
Tout cela pour dire que la résistance thermique R ne peut pas être le seul critère de sélection.
D’autant que celle arrêtée pour la construction est une données statique alors que la physique enseigne que la conductivité thermique est variable selon le gradient (variation) de température de part et d’autre du matériel considéré… En sous dallage ou en dallage la température exposée ne sera jamais négative comme elle pourrait l’être avec une isolation de toiture ou de murs…
En intercalant du liège en panneau, vous allez contrecarrer des propriétés essentielles des solutions chaux/chanvre qui participent et pas qu’un peu de la performance thermique propre et du confort ressenti.
Vous allez également vous couper de la valeur inertielle de la dalle…
Le liège en panneaux a des avantages incontournables en paroi enterrée, ou en support d’enduit sous certaines conditions, ou encore comme isolant à part entière toujours sous certaines conditions, mais il faut arbitrer une stratégie, plutôt que de souhaitez cumuler des propriétés qui ne se cumuleront en fait pas dans la réalité thermodynamique…
Sans prendre en considération l’ensemble des paramètres de l’existant et du projet, et sans opter pour une approche systémique et globale, toute comparaison à partir du seul R déboucherait sur une analyse sans fondement suffisant.
Je souligne que j’ai fais extrêmement court et concentré pour répondre à votre question et quoi qu’en pense les lecteurs. J’ai surement proposé des approximations et user de raccourcis.
Aussi je vous propose de poursuivre cet échange par téléphone, plus confortable et plus dynamique, à l’occasion… Proposition non vénale, je vous prie de le croire.
C’est toute une partie de l’Art de la maitrise d’œuvre que d’organiser un chantier malgré toutes ses contraintes parfois contradictoires ou opposables, pour ne pas avoir à rajouter des ouvrages supplémentaires. Je vous conseille de protéger le dallage c/c avec un voile amovible si vous confirmez le plancher bois massif.
Je le redis cela dépend de l’épaisseur et l’essence de votre plancher.
Se sera différents pour un chêne et un douglas ; ce sera différent pour des lames de 15mm et d’autres de 27mm…
Seul le choix définitif de votre plancher vous renseignera.
Bonjour JP,
On dirait pas comme ça, mais on progresse !
Voilà qui nous a mené à nous poser plein de question avec ses nouveaux concepts et indicateurs.
Nous aboutissons à comprendre que le meilleur compromis se trouve dans la formulation à utilisée, considérant les principes suivants :
1 Plus le rapport chaux vs chanvre est important, par exemple 3/1, plus la conductivité thermique et élevée et donc la résistance sera faible - Alors que le rapport effusivité/diffusivité sera meilleur que
2 un rapport chaux-chanvre de 1/1 qui augmentera significativement la résistance thermique mais en diminuant le rapport effusivité/diffusivité - et diminuera la résistance mécanique qui semble être finalement, le véritable compromis à faire avec le C/ C … Résistance thermique VS résistance mécanique.
Initialement, nous partions vers en scénario 3/1 c’est à dire environ 70kg/Chaux pour 20kg de chanvre. Quelles formulations C/C préconiseriez-vous pour maximaliser la résistance thermique, sans trop compromettre la résistance mécanique (et bien-sûr effusivité/diffusivité et inertie) ? Ou plus simplement quelle est votre formulation habituelle ?
Je tente une dernière fois, le coup du liège, est-ce que de poser une lame de liège sur hérisson, donc sous dallage, compromettrait les propriétés recherchées du dallage C/C ?
Citation Le liège en panneaux a des avantages incontournables en paroi enterrée,
Mais comment le saviez-vous ?! L’un de nos murs est effectivement enterrés Nous envisagions une isolation par laine de bois de 15 cm environ. C’est ce mur là qui jusqu’à peu semblait nous contraindre à une ITI globale - mais nous sommes en train de revenir là-dessus et d’envisager un ITE… avec réfléchissant tous les aspects que vous citer
Citation
la valorisation des apports solaires passifs
l’isolation de l’enveloppe
la performance de menuiseries (bâti/vitrage et vitrage adapté à l’exposition solaire)
l’étanchéité à l’air (toute relative puisque avec un seuil de 0.6m3/m2/h)
l’inertie
pour certaines voiles, le déphasage.
la gestion des interfaces (murs/sols, murs/plafond, murs/menuiseries
la ventilation
le mode de chauffage (il arrive que des modes de chauffage ne soient pas adapté à la configuration ou au choix projet, et offre un rendement médiocre)
Pas aussi simple puisque :
l’effusivité : L’ effusivité thermique d’un matériau, parfois appelée chaleur subjective ou coefficient d’arrachement, caractérise sa capacité à échanger plus ou moins vite de l’ énergie thermique avec son environnement.
la diffusivité : La diffusivité thermique d’un matériaux caractérise la capacité d’un matériaux à transférer la chaleur à travers ce matériau. Elle dépend de la capacité du matériau à conduire la chaleur ([conductivité thermique) et de sa capacité à accumuler la chaleur (capacité thermique volumique).
On peut rapprocher ces 2 propriétés d’une opposition isolation VS inertie.
L’intérêt d’un béton de chanvre et qu’il est équilibré de ce point de vue.
Donc moins isolant et plus inerte qu’un isolant mais bien plus isolant et moins inerte qu’un matériaux à grande conductivité thermique et grande capacité thermique volumique.
C’est en cela que le rapport effusivité/diffusivité est intéressant.
C’est un peu comme lorsque l’on discute régulation hygrométrique ; cela se compose de la capacité (quantité) mais aussi des vitesses de sorption et désorption. Aussi un matériaux peut avoir une faible capacité, une haute vitesse de sorption, une faible vitesse de sorption ; bref pour faire simple les combinaisons sont multiples et complexes.
Cela participe de ce que l’on appelle la caractérisation des matériaux ; là où çà se gatte encore plus, c’est que ces priorités sont plus ou moins fortement non linéaires en fonction des gradiant de température puisque se conjuguent des règles de thermodynamique des flux d’air et de vapeur d’eau…
Pour faire simple, je ne propose as les même solutions en climat de montagne et en climat de plaine et ce n’est pas qu’une question d’épaisseur. Il est des matériaux que je bannie en montagne alors qu’ils sont performant et sans risque en climat de plaine…
Je le redis, la recette que je préconise en NHL3.5 est :
pour 25kg de chaux 71 LITRES de chènevotte
pour 35 kg de chaux 100 LITRES de chènevotte
On peut faire le choix de basculer dans l’enduit correcteur en augmentant la part de liant ou diminuant la part de chènevotte… (43 litres de chenvotte pour 25 kg de NHL3.5 ou 60 litres pour 35kg
Donc moins effusif et plus diffusif…
Mais on ne peut pas diminuer plus encore le liant sous peine que la chenevotte ne soit pas totalement enrobée…
Si vous souhaitez améliorer la résistance thermique et/ou la résistance mécanique à la compression, il faut adjuvanter pour réduire la part de liant ; c’est ce que font les chaufourniers mais avec des pertes de propriétés de perméabilité à l’air.
Si il est question d’améliorer les performances thermique, je privilégie d’augmenter l’épaisseur.
Tout simplement parce qu’il est imputrescible et que c’est le seul matériau naturel biosourcé qui dispose de cette propriété…
Pour autant il propose un Sd acceptable.
Dans le bâti ancien je fais partit de ceux qui préfèrent éviter les ITE pour que le comportement des murs ne soit pas trop éloignés de ce qui a prévalu jusqu’alors… Intégrer les murs dans l’isolation revient à élevé très significativement leur température avec des risques associés.
Et on en revient à l’ITI chaux/chanvre qui allie dans des proportions inégalées isolation et inertie tout en proposant des propriétés de régulation hygrométrique remarquables… CQFD…
le bâtiment concerné était une grange semi ouverte sur la moitié des murs, juste bardé, remplit de paille. La majorité des murs sont en moellons béton anciens moulé dans le jardin. Ils sont posées sur une première bases de 1m50 de haut de mur en pierre.
Citation Dans le bâti ancien je fais partit de ceux qui préfèrent éviter les ITE pour que le comportement des murs ne soit pas trop éloignés de ce qui a prévalu jusqu’alors… Intégrer les murs dans l’isolation revient à élevé très significativement leur température avec des risques associés.
Si j’ai bien compris la plus grande critique de l’ITE est la formation de point de rosée, la perte d’inertie des murs, et la perte de surface habitable.
J’imagine que le Chaux-Chanvre évite la formation de point de rosée au niveau des ponts thermiques ? Ce que ne fait pas l’isolation en fibre/laine de bois ?
Retour sur la pose des réseaux sur hérisson. Comment feriez-vous pour les attacher/maintenir droit sur le hérisson ?
Il est question de limiter la prise de différents risques liés au changement de comportement thermodynamique des murs ne comportant pas de coupure de capillarité, comme c’est le cas dans les typologies de bâti ancien dont la construction est antérieur à 1945 (bascule empirique).
Il est notamment question d’éviter de favoriser l’évapotranspiration vers l’intérieur du volume habité et l’accentuation de remontées capillaires. Ce phénomène étant particulièrement multi factoriel (à l’origine osmotique donc électrique) et interdépendant de critères qui sont difficilement quantifiables et maitrisables, il est toujours délicat d’extrapoler le changement d’amplitude avant/après changement d’usage, et avant/après travaux d’isolation. C’est pourquoi on cherche à appliquer toutes les stratégies possibles pour limiter ces phénomènes.
Le chaux/chanvre dispose d’une capacité de régulation hygrométrique comme aucun autre matériaux.
Le composite est particulièrement hydrophile , sa capacité d’absorption est inégalée dans le spectre des matériaux d’isolation, et les vitesses de sorption/désorption renforcent ces caractéristiques.
Comme pour une dalle conventionnelle en béton de ciment, je propose de planter des fers à béton qui seront retiré dans les 24h (après départ de prise) ; les conduites sont ligaturées sur les fers ; les conduites sont obstruées avec un adhésif pour éviter leur pollution et/ou qu’elles se retrouvent bouchées.
Bonjour
Juste une petite précision. On parle souvent de « bâti ancien » mais de fait il est impossible de le définir par une date. Le plus simple serait de parler de murs dont les matériaux sont sensibles à l’humidité, ce qu’on désigne souvent par murs « perspirants » et qui désigne autant le bâti ancien hourdé sans ciment que le bâti écologique.
Citation Comme pour une dalle conventionnelle en béton de ciment, je propose de planter des fers à béton qui seront retiré dans les 24h (après départ de prise) ; les conduites sont ligaturées sur les fers ; les conduites sont obstruées avec un adhésif pour éviter leur pollution et/ou qu’elles se retrouvent bouchées.
Si les conduites d’eau sont ligaturées sur les fers, ça veut dire qu’il faut meuler les fer à béton ?
Non, 24h après la mise en œuvre vous pourrez retirez les fers avec précaution et les gaines et conduites seront déjà maintenues par le début de prise.
Je propose des fers plutôt que des linteaux pour limiter le diamètre et limiter l’impact dans le hérisson.