Quelle qualité de chaux pour un chaux-chanvre

Bonjour,

je suis actuellement en préparation de projetage du chaux-chanvre épaisseur 15 cm sur mur de soutènement (bloc a bancher béton) et mur brique. j’avais prévu de le réaliser en chaux st Astier NHL 2 mais mon fournisseur ne dispose pas de cette marque, seulement de la chaux standard. Je suis prêt a faire ce compromis (mon porte feuille aussi :wink: …) mais seulement si cela n’a pas trop de conséquences sur la qualité du chaux chanvre. j’accueille toutes infos techniques ou retours expériences.

sincères salutations

Pour moi, les produits de Saint Astier sont LA référence pour ce type de travail. Mais je n’ai pas d’opinion qualitative sur la concurrence…Toutefois « chaux standart » ce n’est pas explicite. Il faut veiller à ce que ce soit bien de la NHL2 d’une autre marque et pas 5 par exemple

Oui je suis de ton avis c’est pour cela que je parle de compromis, et que je ne site meme pas la marque, (il n’y en a pas des masses des marque de chaux) quoi qu’il en soit ce sera de la NHL 2.
Merci de ton attention.

Pour la NHL2 je privilégie les chaux de Boehm.
Pour la NHL3.5 je privilégie les chaux Saint Astier.

Pour moi, l’enduit chaux chanvre se fait avec de la chaux aérienne. La recette d’Alliance4 n’est pas mal :

Pour ma part, j’ai remplacé le sable de ponce par de la terre, très argileuse dans ma région. L’enduit est plus onctueux et très plastique, plus facile à appliquer.

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Merci pour ces infos, je préfère également la chaux aérienne pour le chaux chanvre, mais la configuration particulière de mon chantier (régulation thermique et hygrométrique d’un mur de soutènement en béton banché (ma maison et semi enterrée) m’oriente vers une chaux plus hydraulique. En ce qui concerne l’ajout d’argile je garde l’idée pour les finitions en faibles épaisseurs car l’essentiel va être projeté mécaniquement avec un mélange plus sec et moins riche en chaux.
pour ce qui est de la recette D’alliance 4 je comprends pas trop la logique, d’un coté utiliser de la chaux aérienne avec de la ponce cela ne revient -il pas a hydrauliser le mortier. Et l’ajout de ponce à l’argile a part rajouter de la masse (certes de la ponce mais qui tout de même plus de densité que la chenevotte) il y a surement quelque chose qui m’échappe.
Après pas mal de recherches et le recueil d’avis différents, pour la partie projetage mécanique je vais m’en tenir a la version simplifiée : chenevotte et chaux NHL 2.
Merci pour tout ces partages, c’est vraiment aidant ces échanges. En tant qu’auto-constructeurs avec la tete dans mon chantier je n’ai pas toujours un collegue sous la main pour prendre du recul sur des choix a faire ou des techniques de mise en oeuvre… de ce point de vue ce forum et un bel outils merci a ce qui le font vivre!

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Non seulement le sable de ponce apporte de l’hyrdraulicié, mais ils ferme relativement à la perméabilité à la vapeur d’eau.
Selon moi la pertinence de ce mélange se discute selon les cas et pas dans l’absolue.
Il propose les intérêts suivant :

  • raccourcir le temps de prise qui est très long avec des chaux aérienne, notamment lorsque les enduits sont d’épaisseur > 3cm,
  • profiter de réaction chaux/silice (le sable de ponce est riche en silice) dureté/étanchéité relative.

Je ne saisi jamais le besoin de mélanger chaux et argile, c’est à dire 2 liants, mise à part lorsque l’on a besoin d’augmenter la résistance mécanique d’un mélange à base d’argile, donc avec de la chaux.
La plasticité d’un mélange chaux/chanvre (un peu meilleur en NHL2 qu’en NHL3.5, est souvent une question de durée de malaxage (15’ minimum, 20’ idéal, pour 38/40 litres d’eau, 35Kg de chaux, 50 à 60 litres de chènevotte ; c’est souvent le point faible de la mise en œuvre qui est sous estimé, que ce soit en dépose manuelle ou 'en projection…

  • Les mélange chaux/chanvre fonctionne très bien.
  • Les mélange argile/chanvre, tout autant (souvent arbitrer pour des raisons économiques)

Pour autant, avec l’argile, les réactions avec le glucose de la chènevotte ne sont pas présente. (réaction complète avec une chaux aérienne, un peu réduite avec des chaux hydraulique, mais absente avec de l’argile).

Disons que plus il y a d’ingrédients dans une recette, plus le risque de mettre en œuvre des gâchées hétérogènes se dévoile.

Si les capacités respectives de régulation hygrométrique sont à peu près similaire en quantité, les vitesses de sorption/désorption sont significativement à l’avantage du chaux/chanvre.
Quand un mélange à la chaux aérienne, c’est le temps de prise, très significativement plus long qui fait qu’elle est souvent écartée.

D’une manière générale, lorsque l’on parle d’enduit correcteur thermique à base de chènevotte, il faut être au clair avec ce que l’on recherche (gain de performance thermique par isolation, par inertie (effusivité/diffusivité), régulation hygrométrique renforcée, épaisseur considérée, type de support (géologie, gros ou petit appareillage), esthétique d’aspect, qualité du support, etc) et exposition (RDC ou étage, hygrométrie du mur selon mesures), ce sont ces données qui permettent d’ajuster une prescription en liant et rapport liant/chènevotte.

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Il faut utiliser un couple validé dont la liste est disponible sur le site de Construire en Chanvre. Je te recommande batichanvre pour tes corps d’enduits. Tu peux même faire une finition talochée mais la couleur sera le gris. Pour tes enduits de finition j’aime bien utiliser de la Tradeco qui est très facile à utiliser en application manuelle. Tu peux la talocher, voire la poncer après séchage pour bien voire la chènevotte.

Bonjour Alain,

Pour ma part, je proscris le Batichanvre pour la rénovation du bâti ancien. Il contient une grande part de ciment et de sable pouzzolanique qui ferme le complexe à la perméabilité de vapeur d’eau.
D’une manière générale, je proscris tous les préformulés. Ils contiennent TOUS des adjuventations qui effondrent les propriétés de perspirence. Je dis bien « effondrent ».

Il faut avoir participé ou avoir eu des retours des étapes de la normalisation des procédés chaux/chanvre, pour comprendre que les prescriptions ont été arbitrés à partir de la construction neuve et appliquées à la rénovation (pour l’anecdote, certains pro font remarquer que ne dit-on pas Construire en Chanvre et non Rénover ou Bâtir en Chanvre…) et que de nombreux critères de contrainte économiques des chaufourniers industriels et des applicateurs de grands volumes sont venues dénaturer les prescriptions originales, historiques, éprouvées et reconnues des enduits et bétons, c’est à dire en chaux naturelle faiblement à très faiblement hydraulique, NHL3.5, NHL2…
Le sable pouzzolanique lui peut être envisagé lorsque l’on travaille avec une chaux aérienne CL90, CL80, CL70…

La normalisation d’un procédé apporte des avantages considérables pour la promotion, la démocratisation et l’application d’une technique, je ne le conteste pas. Mais il faut avoir en tête qu’elle draine tout un tas de contraintes économiques portées par les acteurs, qui peut dénaturer les formulations originales. Il a également été question de formulation qui soint projetables, avec des durées de banchage réduites, ou avec une résistance mécanique compatibles avec des applications sur structure bois en construction neuve…
On peut aussi faire remarquer qu’en France, le béton de chanvre en ITE doit être recouvert d’un enduit, alors qu’en Suisse par exemple il est reconnu pour être laissé nu.

Si vous souhaitez aller plus loin, je pourrais vous proposer des sources techniques, de spécialistes en la matière, de professionnels de l’application sur bâti ancien, patrimoine classé ou monument historique, ou de chaufourniers artisanales qui proposent la même analyse…

Bonjour / Je suis tout à fait d’accord sur l’importance de la perméabilité de vapeur d’eau qu’on mesure par la perméance mais Nigel Copsey qui a remis en évidence les techniques à base de chaux VIVE apporte des infos complémentaires intéressantes. Il précise que c’est surtout de l’eau liquide (pas vapeur) qui condense dans les pores des matériaux et que la capacité d’un enduit à laisser sortir l’humidité dépend surtout de la taille des pores. En clair seule la chaux aérienne donne ces pores d’environ 1 micron. Les chaux hydrauliques en Angleterre n’ont pas cette capacité à assécher les murs et les murs restent saturés d’eau. Autrement dit il faudrait comparer non pas la perméance à la vapeur mais la vitesse de séchage de divers mortiers. Nigel Copsey précise même qu’un badigeon de chaux en finition augmente de 50% la vitesse de séchage du mur. Qu’en pensez vous ? Personnellement je ne connais pas de test qui mesure la vitesse de séchage.

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Je vous suis parfaitement.
Il faudrait que je me replonge dans la littérature technique et universitaire pour argumenter avec autant de finesse que celle que vous proposez.
Mes sources proviennent de la revue Building & Materials (articles consultables en ligne)

Je reprendrais le temps de faire une recherche avec les termes lime & hemp…

Effectivement, au delà la capacité hygrométrique brut (donc en quantité), les valeurs de sorption/désorptions sont capitales. J’ai d’ailleurs souvent alimenté ce débat avec des partisans de solutions terre/chanvre ou terre paille, qui disposent des propriétés similaires, mais pas dans le même ordre de grandeur qu’un chaux chanvre…
Le chanvre et sa structure, participe également très largement de la formation de pores…

Le bon compromis résulte également des contraintes du projet, notamment la remise en fonction attendu ou le temps de débanchage selon le calendrier d’avancé. Je pense de ce point de vue, la NHL2 propose un bon compromis. C’est en tout cas dans avec cette approche que je la préconise ou la prescrit.

Les différences d’indices d’hydraulicité ne sont pas si écrasantes :
CL90 = 0-0.1
NHL2 = 0.1-0.16
NHL3.5 = 0.16-0.3
Par rapport à une chaux formulé avec du ciment NHL-Z = 0.4-0.5