Quel type d'isolation pour grenier batisse du XVIème en gardant les poutres apparentes?

Salut, nous sommes en train de rénover une maison familiale très ancienne (XVIème), notamment en refaisant le grenier qui est une pièce superbe mais pas isolée. Nous voudrions en faire une salle de pratique yoga (accueillir des retraites).
nous aimerions améliorer l’isolation tout en gardant l’aspect de la pièce dont la charpente est superbe. avez-vous des conseils ou idées?

![20221029_110334|225x500](upload://5QJWquVTwaSA4eZSRdetRWhv5zG.jpeg)

Qu’y a t-il derrière le lattis visible entre les poutres ?

Bonjour, merci pour ton aide. C’est de l’ardoise synthétique.

OK, donc aucune isolation actuellement. Alors, quelle est l’épaisseur de ces belles poutres ?

Ah. Je ne suis pas sur place pour l’instant. J’y serai dans une semaine environ. Je mesurerai car j’ai peur de dires des bêtises…
Merci.
Olivier

Bonjour Olivier,

Cela dépend du niveau de performance que vous souhaitez atteindre. (déperdition de chauffage l’hiver / surchauffe estivale)
En conservant la charpente apparente et le lattis dans leur intégralité, seule une intervention en ITE, par l’extérieur, et donc nécessitant la dépose de la couverture est à envisager.

Selon l’usage des pièces, le gradient thermique intérieur/exterieur, une isolation intérieur discontinue ou les arbalétriers resteraient apparents, poseront des questions d’étanchéité à l’air, de raccordement de frein vapeur, et/ou de condensation dans le complexe isolant et sur les pièces de bois (arbalétriers) dans leur partie noyée dans l’isolant. De plus il n’y aura pas de lame d’air sous couverture…

Les travaux seront donc lourds.
Ou alors leur efficacité, les risques qu’ils feront apparaitre et le rapport gains de performance/cout les rendront discutables…

Merci Jean Patrick pour ton analyse. Si je ne cherche pas une performance optimale, La pose de panneaux de laine de roche fins (45mm) entre les poutres en laissant un espace de 1 à 2 cm pour laisser circuler l’air te semblerait risqué et inutile au niveau performance ?

Je vous conseille de vous documenter sur internet en comparant « toiture chaude vs toiture froide ».
Après on pourra continuer à en discuter 'par exemple pour cette lame d’air, ou pas…

1 « J'aime »

Je suis incapable d’estimer l’impact de 45 mm de laine de roche sous toiture en hiver comme en été, quand les épaisseurs habituellement appliquées en RE2020 sont > 250 mm, souvent 300 mm parfois 350 mm voir 400 mm.
On serait loin de l’optimum, c’est certains et le moins que l’on puisse dire, mais de mon point de vue on serait assez proche de l’insensible.

Les laines minérales ont un médiocre déphasage.
Cela aura un impact car en été, les éléments de couverture ensoleillés vont atteindre des températures > 60° et c’est de cette température que vous souhaiterez vous prémunir si vous souhaitez utiliser ce volume à la belle saison.

Il faudra penser à implanter un frein vapeur, ce qui posera la question de son parfait raccordement sur les pannes. (sans parler de la quantité d’adhésif nécessaire.)
C’est important, car les laines minérales voient leur conductivité thermique augmenter (ou résistance thermique baisser) avec une augmentation de l’humidité dans le complexe (flux de vapeur d’eau) et qu’avec 45 mm d’isolant, il y a fort à parier que la température de point de rosée soit atteinte rapidement dans l’épaisseur d’isolant…

Sans compter que sans étanchéité à l’air, le gain de performance sera d’autant plus amoindrit.

Cela pose la question des ponts thermiques que constitue les pannes et si la condensation ne va justement pas se concentrer sur ces pièces de bois, ce qui aurait pour conséquence leur dégradation, voir des potentiels risques d’atteintes fongiques ou xylophages…

Jean Patrick merci.

Je vais analyser toutes vos informations. Grace à vous, j’élimine rapidement un certain nombre de possibilités, ce qui me fait avancer.

Encore merci.

Olivier

1 « J'aime »

Je reviens vers vous: alors l’épaisseur des arbalétriers ? (mesurée) ?..et qq autres questions: A quelle saison comptez-vous recevoir du monde et combien de personnes à la fois , pendant combien de temps pour faire du yoga ? Cela a une certaine importance pour définir les besoins et les moyens.

Pour aller dans le sens de Patrick, effectivement une isolation en simple doublage de 45mm sera très insuffisante. Elle retardera un tout petit peu la surchauffe dans la journée, mais ne la diminuera pas sensiblement. En plus, elle participera au maintient de la chaleur à l’intérieur en fin de journée, donc retardera le rafraichissement nocturne.

En somme, elle pourrait avoir un légère utilité pour des cours en fin de matinée, et être contreproductive pour des cours du soir (en été).

En hiver, elle sera toujours « mieux que rien ». Mais le cout en temps de mise en oeuvre sera très important par rapport au gain ; beaucoup d’effort pour peu de résultat.

En plus des risques de condensation décris par Patrick !

Le mieux du mieux serait d’isoler par l’extérieur (méthode « sarking » par exemple) mais c’est beaucoup beaucoup plus cher. Un grosse partie du cout est inhérent à la dépose de la couverture, donc si vous envisagez une refection des tuiles ce sera le moment de faire un double investissement.

Sinon il reste l’option d’isoler en noyant les poutres dans l’isolant (1 couche de l’épaisseur des poutres entre les poutres + une couche de 45mm par dessous) mais on perd la beauté du lieu :confused:
[Edit] En fait non, Voir commentaire suivant

Pas facile les isolations de vieux toits !

En revoyant la photo je me rend compte que la version isolé entre poutres pose quand même problème :
La couverture est posée directement sur lattis entre chevron porteurs, sans contre chevrons. Il faut impérativement garder une ventilation verticale sous les tuiles, donc éloigner l’isolant du lattis. Pas simple à faire en mise en oeuvre…

Et dans toutes les version d’isolation entre poutres, il faudra garder en tête qu’il n’y a pas de pare-pluie. La moindre fuite de la couverture ira directement dans l’isolant, ce qui oblige à une surveillance très pointue de l’état de la couverture et de l’apparition éventuelle de traces de moisissure

1 « J'aime »

Merci. J’ai vu ça. c’est beaucoup plus compliqué que je ne l’imaginais. Merci pour l’info.

Merci Erwan pour ton expertise. Je pense qu’il faudra que j’attende la mise en place d’une nouvelle toiture dans quelques années. Effectivement, les fuites peuvent devenir problématiques même si pour l’instant il n’y en a pas.
Encore Merci.
Olivier

Avec plaisir :slight_smile: à croiser avec les avis d’artisans comme Jean-Patrick, je ne suis pour ma part que concepteur (et autoconstructeur, mais pas pro de ce coté)
Peut-être que certains auront des astuces pour quand même isoler entre poutres à risque modéré, qui sais !

Oui, on peut toujours trouver qqchose, mais ce sera beaucoup de travail, de soin rigoureux et…d’argent. Pas question comme déjà largement expliqué de se contenter d’une couche de laine de verre.

1 « J'aime »

bonjour,
dans ce genre de situation, c’est vers de l’isolation réflexive qu’il faut se tourner, pour rester dans l’idée de conserver la charpente apparente (ce que je comprend parfaitement) Avec toutes les remarques de Jean Patrick, c’est à dire efficacité relative et grand soin de pose. on doit pouvoir passer en 50/60 mm avec un bon résultat d’été. Comme je découvre ce sujet , je regarde plus précisément l’affaire et je remettrai un message
cordialement
bernard

Bonjour Bernard et merci pour ta réflexion. Je vais me pencher sur le sujet en attendant… Isolation réflexive… C’est noté.
Encor emerci.
Olivier

Gardez à l’esprit que les « isolants minces réflexifs » sont classés comme « compléments d’isolation » Il ne faut donc pas en attendre des miracles.

1 « J'aime »