Quelle couverture adaptée au changement climatique ?

Bonjour à vous,

Je souhaite restaurer un beau bâti ancien, patrimoine rural en pierres.

Dans le Sud-Manche, où j’ai entrepris cette restauration , la plupart des bâtiments en pierre sont couverts d’ardoises. Je m’adresse à vous parce qu’au moment de penser une nouvelle couverture, je m’interroge : du fait du dérèglement climatique, les gros coups de vents, voire les tempêtes, peuvent y devenir de plus en plus fréquents et violents. Par ailleurs, les ardoises étant noires, je me dis que ce n’est plus la couleur la plus adaptée pour couvrir une maison. J’avais retenu d’une conférence sur l’écobâti que le rouge capte moins la chaleur que le noir en été mais capte tout de même plus la chaleur que le blanc en hiver. Ayant également eu vent (c’est le cas de le dire) de toitures en tôles arrachées lors de tempêtes, je ne sais plus quoi mettre sur mon toit…:face_with_raised_eyebrow: revenir au chaume ? aux bardeaux de bois ? mais, au risque de vous choquer, je me dis que l’arbre subit déjà énormément de tensions (avec en plus de nombreuses communes qui passent aux chaufferies urbaines « biomasse »…) et je n’ai pas d’arbre sur mon terrain que je pourrais localement mettre à profit. Bref, j’en appelle à l’intelligence collective : quelle couverture serait la plus adaptée au changement climatique (et tant que faire se peut respectueuse de l’environnement) ? J’ai également pensé qu’en fait il faudrait à l’avenir concevoir nos habitats autrement et que la toiture végétalisée d’une maison semi-enterrée serait peut-être une bonne solution…? A vous lire !

Anne

Bonjour,

Situé en montagne à 850 m d’altitude en Isère, je me suis posé les mêmes questions. PLU imposant tuiles « ardoises », j’ai alerté sur l’impact température de ces tuiles. Au final, j’ai pu faire accepter par la Mairie des tuiles Volnay « Lauze vieilli » de chez TERREAL: elles sont grises claires avec un effet marbré foncé (de près c’est pas top mais de loin c’est plutôt réussi). A priori, je gagne 20 ou 30° sous tuile ;-). Concernant le vent, elles sont très plates et de grandes tailles : mon charpentier n’a pas jugé utile de les fixer malgré mes demandes (et malgré le DTU en montagne), sinon juste en bordure : rive et faitage… A voir au futures grosses tempêtes. Mais globalement hormis la fixation, ca me semble la meilleure solution

Bonjour Anne,

Ce qu’il faut savoir c’est que le code de l’urbanisme interdit d’interdire les toitures en matériaux biosourcés. Aussi, les interdictions inscrites au PLU/PLUI sont sans objet (Hors PMH soumis à l’Architecte des Bâtiments de France.
Aussi le bois, le chaume, la végétalisation ne peuvent être refusés.

Oui le bardeau et le chaume sont des couvertures résilientes aux évènements que vous citez.
Elles sont très couteuses en execution professionnelles, abordables économiquement en autoconstruction, si la disponibilité et approvisionnement locale des matériaux sont possibles.

La couverture en bardeau de bois est technique, notamment concernant les détails de couvertures et traversées de toit, et demande une expérience en la matière avant de se lancer. La couverture chaume davantage encore.
Les 2 couvertures exigent un outillage spécifique.
Les 2 couvertures peuvent exiger un travail de zinguerie, qu’il faut prendre en considération.
Les 2 couvertures peuvent exiger un écran pare-pluie, parfois jusqu’à un complément d’étanchéité sous couverture.

Je préconise très souvent la végétalisation de la couverture, en neuf comme en rénovation.
Couverture résiliente par nature. Insensible aux vents, aux tempêtes, insensible aux grêlons, à la performance inégalée au regard du confort d’été, qui participe à la restauration du cycle de l’eau (écoulement lent), et participe du stockage du carbone …

Concernant le confort d’été, un élément de couverture minéral au soleil atteint rapidement 60 à 90° et rayonne au travers des isolants, impacte leur température, augmentant leur conductivité thermique de manière limitée mais sensible.
L’amplitude de température entre l’intérieur et l’extérieur, est ainsi plus important l’été que l’hiver, et les épaisseurs suffisantes pour isoler les combles du logements en hiver se dévoilent bien insuffisantes l’été pour maintenir des températures de confort sans climatisation.
Aussi, la température d’un substrat organique et de sa végétalisation, ne surchauffe pas au soleil, voir évapotranspirent à certaines heures et donc abaisse la température en surface.

En rénovation, on vérifie la suffisance de la charpente ou ses possibles adaptations ou renforcements, pour orienter sur un type de couverture végétale, son épaisseur, son type de substrat et donc les végétaux qui s’y plairont.
extensif 7/10cm épaisseur
semi intensif 10/20cm
intensif >20cm
Il est rare que l’on ne puisse pas envisager à minima une végétalisation de 5 à 7cm, la surcharge par rapport à des éléments de couverture minérale est relative. (prise en compte de la contrainte neige & vent, et du reste des matériaux qui composent la charpente.
Tout cela se vérifie aussi en fonction de la localisation du projet, (charge climatique neige & vent), de la pente du toit, de la typologie de la charpente et des sections employées.

La mise en œuvre est aisée. Le cout très abordable, tant que le nombre de détails de couvertures, et sorties de toits reste limité.
Sur support continue bois (OSB3 ou 4) on colle en plein une membrane EPDM, on dispose un géotextile anti-poinçonnement, puis une couche drainante avec ou sans capacité de rétention, enfin le substrat dans son épaisseur arbitrée.
Le support, le climat, les dimensions des versants de toiture, les rives, les égouts, précisent la descriptions du complexe, incluant.

La couche isolante doit également être pensée en l’absence de perméabilité à la diffusion de vapeur d’eau de la membrane EPDM. Différentes configurations sont possibles pour s’adapter.

Au delà de certaines pentes, on stabilise le substrat avec des profils ou bande garde grève, régulièrement implantés.

Bonne réflexion.
N’hésitez pas à poser des questions si vous en avez.
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