Le choix cornélien d’une dalle en béton ciment ou d’un béton de chaux

Bonjour l’équipe, j’ai besoin de conseil voire des retours d’expériences au sujet du sol, et le mien me fait poser beaucoup de questions, mon cœur balance entre le pragmatisme et l’idéalisme.

Je rénove une vieille bâtisse du 19ème, située en Charente(16) avec de gros murs en pierres de ± 70 cm d’épaisseur.

C’est une maison qui devait se libérer de toutes ces couches imperméables rajoutées au fil des années.

J’ai donc piqué tous les anciens enduits pour retrouver la pierre à nu. Ma stratégie est de travailler la perspirance au niveau des murs avec un enduit chaux/chanvre et ainsi faire une correction thermique.

à la base je n’avais pas envisagé le sol dans ma problématique car cela aurait été beaucoup de travail et beaucoup d’argent à casser et décaisser le sol pour faire un classique hérisson ventilé + isolant + une dalle de chaux de 15 cm sans savoir réellement si cela aurait un vrai impact ou créerait pas de nouvelles pathologies.

Avant de commencer les rénovations, j’y ai habité 2 années et pour moi l’humidité était plutôt liée à la condensation dû à notre activité dans la maison (douche , cuisine,…) causée par les enduits imperméables.

Le seul argument qui me ferait casser cette dalle c’est que je perds en hauteur sous plafond (actuellement ± 2,32 m)

et que c’est déjà très juste au niveau des linteaux de portes. Je voudrais poser un parquet massif sur lambourdes (avec du liège expansé entre elles pour isoler un peu) ce qui me ferait rehausser le tout de ± 6 cm et ça ce serait très problématique pour plein de raisons.

Du coup, je pense ne pas avoir le choix de casser quand même mon sol et que je fasse en sorte que mon parquet soit au niveau de ma dalle actuelle.

Mais voila les questions se posent et le budget ici rentre en ligne de compte ainsi que le côté technique.

J’hésite vraiment à faire une petite dalle en ciment de 10 cm voire moins sur du gravier et des galets de 10 à 15 cm (pas vraiment un hérisson digne de ce nom et pas ventilé) juste désolidarisé de mes murs de 5 cm en périphérie ( pour laisser mes murs respirer) et repartir avec mon parquet sur lambourde. Ou faire la même chose avec de la chaux, tant qu’à faire…je ne sais pas…je n’ai jamais vu de petite épaisseur dalle de chaux sur du gravier, je suis un peu dans le flou.

Merci pour vos retours.

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Bonjour

Avant toute chose : laissez vous le temps de maturer la problématique , ça vous permettra de trouver la réponse adaptée à votre cas et de faire le tri dans vos options. Diagnostic / solutions techs/ arbitrage/planification

Si vous avez identifié votre problème d’humidité comme lié à la création vapeur d’eau ( donc un renouvellement de l’air faible ) il faudrait regarder en premier lieu la ventilation de votre batiment.

C’est souvent le cas dans des bâti ancien qui ont fait l’objet de rénovation au fil de temps …

A part pour les questions de hauteur , décaisser le sol n’apportera pas d’amélioration ( ou alors votre diagnostic initial sur l’humidité n’est pas juste) .

Pour votre parquet , la problématique est liée au seuil de porte , vous pouvez travailler sur cette zone uniquement.

Il y aura une petite marche mais esthétiquement ça peut se gérer et délimiter une zone d’éntrée / déchaussage …comme les maisons japonaises dans l’idée.

Vous pouvez également réduire la hauteur d’isolant ( ne pas oublier que le bois est un materiau au contact chaud) , celle du parquet également , voir le coller directement et privilégier tapis et chaussons pour une sensation réduite de paroi froide. Ça dépend des goûts et usages de chacun.

Ce qui est clair c’est que creuser et couler une dalle c’est du boulot ( pas impossible , on l’a fait) donc du temps et de l’argent ( oubliez la brouette et la pioche, louer mini pelles et marteau piqueur de forte capacité )

Bonne journée

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Bonjour,

Merci David pour votre retour, c’est un très bon conseil que je n’entends pas assez souvent c’est de prendre le temps. c’est sur que je dois trier les options et maturer tout ça.

Je ne l’ai pas précisé mais il n’y avait pas de système de ventilation, il y aura dorénavant des extracteurs dans les pièces humides et des menuiseries avec aération. extracteur car pour moi faire une VMC dans cette maison n’a pas son sens. Configuration de la maison, comble aménagé (passage de gaines compliqué) et une vieille bâtisse laissant pleins de petites fuites naturelles par ci par là.

J’ai entre-temps remarqué avec les fortes pluies et les murs à nu que j’avais des petites infiltrations venues de l’extérieur. le sol intérieur étant plus bas que l’extérieur (que d’un côté), je pense avoir diagnostiqué ma problématique.

Faudrait revoir l’écoulement des eaux de ruissellement en périphérie, j’aimerai, dans l’idéal faire un drain extérieur et protéger le bas de mes murs avec du Delta MS mais je lis souvent qu’un drain peut engendrer d’autres problématiques.

Cela vaudrait peut-être un autre sujet sur le forum mais c’est difficile de séparer les choses car tout est intrinsèquement lié.

J’aime beaucoup l’idée des entrées japonaises.

Je vous fais quand même part de mes recherches, car cela pourrait intéresser d’autres personnes :

  • Option 1 : J’ai demandé un devis à Éco Habitat (réseau Nature & Développement en Charente) pour un mélange chaux/sable livré par camion toupie avec tapis. Pour 5 m3 (dalle de 15 cm minimum), j’en ai pour environ 2 400 €.

  • Option 2 : J’ai calculé de mon côté un autre mélange intéressant pour son côté isolant et sa facilité de mise en œuvre : une dalle chaux/liège. La recommandation du fabricant (St Astier) est de 1 sac de chaux NHL5 (25 kg) pour 70 L de liège recyclé en vrac (3/15). Pour 5 m3, j’en ai pour environ 1 700 € (ce qui représente plus ou moins 45 mélanges).

Question : Le hérisson est-il obligatoire avec ce genre de mélange ?

Les deux options sont vraiment intéressantes. Je n’ai que 40 m² au final et je pense qu’à 3 ou 4 personnes, cela peut se faire en une journée.

Qu’en pensez-vous ?

Merci pour vos retours.

J’en profite pour partager des photos histoire de voir de quoi on parle. pour les extérieurs, rigole et enduit ciment sur la façade, écoulement et pente pas très optimaux.

Et à l’intérieur mon niveau du sol actuel avec d’un coté une dalle/chape de 5 cm et un parquet sur grosse lambourdes à même la terre battue qui sont au même niveau d’où mes questionnements.

Bonjour Younes

C’est une très jolie maison pour un beau projet de rénovation

Sur le plan théorique ; vous pouvez trouver des infos dans le hors série spécial humidité de la maison écologique.

il y a un MOOC sur la rénovation , incluant des infos sur le sujet Rénovation performante - les clés de la réhabilitation énergétique - Cours - MOOC Bâtiment Durable .

Le site du CREBA contient aussi beaucoup d’infos pour la rénovation du bâti ancien.

Coté pratique, sur ce type de cas la procédure classique est :

  • contrôler les descentes des eaux pluviales : sont elles écartées suffisamment du mur ?
  • La qualité du sol en terme d’infiltration : test assez simple à réaliser soi même
  • Contrôler l’humidité du mur et de la terre coté intérieur (pour s’assurer que le sous sol est bien marqué par un trop plein d’humidité)
  • L’intérêt des soubassement en ciment et l’éventualité de recréer des zones de plein terre arboré (avec un bénéfice sur le confort thermique du site en été)
  • Sur les façades : contrôler la nature et l’état des enduits

Avant de procéder au drainage en pied de mur, écarter les descentes EP est souvent efficace si le sol permet une bonne infiltration ( si non il faut envisager la création d’un “puits” d’infiltration.)

Ensuite un drain n’est pas forcément en pied de mur : une tranchée drainante par exemple permet d’intercepter les eaux de ruissellement ( selon la pente naturelle du terrain) , de créer une zone tampon pour l’infiltration des eaux de pluies et d’attirer l’humidité loin des murs. Ici aussi conception et réalisation sont déterminants pour avoir un résultat satisfaisant. (Voir par exemple le site Tiez breizh)

Je reviens sur la ventilation : en terme de renouvellement d’air, de simple extracteurs ne seront pas suffisant (en témoigne leurs nombres sur votre batiment).

Il faut renouveler, pour une qualité de l’air acceptable, entre 0.4 et 0.6 fois le volume d’air de la maison par heure en fonction du batiment et de son occupation.

Sans vmc c’est compliqué, à moins d’avoir une fenêtre ouverte en permanence ou un trou dans le mur , mais bon c’est pas terrible côté confort.

L’étanchéité à l’air et la ventilation ce n’est pas du superflu et ça mérite de vraiment y réfléchir.D’une part ça apporte du confort (l’humidité détériore la température ressentie) , évite des problèmes de santé (moisissure, qualité de l’air) et génère des économies d’énergies. D’autre part ça va assurer la pérennité de vos travaux ( la durée de vie d’un isolant/ enduit/placo sur un mur humide n’est pas terrible)

Je vous invite à vous rapprocher des acteurs locaux de votre secteur pour discuter de votre projets : les CAUE , les points info énergie , les architectes conseils de votre commune, les parc naturels régionaux( qui ont souvent un rôle dans la restauration du patrimoine).

Ceux sont autant de conseils gratuits et désintéressés qu vous permettront de mener une rénovation cohérente avec votre habitation. Internet c’est bien , les conseils de vendeurs et artisans c’est bien , mais pour un avis clair il faut aussi avoir des interlocuteurs de proximité qui n’ont rien à vendre.

Bonne journée

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Bonjour David,

Merci beaucoup pour ton retour et les ressources, c’est top !

Je prends le temps de regarder tout ça.

Merci à bientôt.

Bonne soirée

bonjour Nouy

Sur la photo de la chape, on peut voir un hérisson, quelle est son épaisseur?

afin d’éviter de couler une dalle, vous pouvez faire des longrines (15x15) en béton de chaux NHL 5 adjuvantées de fibres et de prompt Vicat. L’espace entre les longrines correspond à la longueur de vos lambourdes. Vous aurez ainsi moins à décaisser.

Bonjour lywendil ,

Merci pour ta réponse.

Faudrait que je sonde tout ça, je répare les murs pour le moment avant de m’attaquer au sol. Mais je ne suis pas sur d’avoir compris ta proposition avec les longrines. j’ai fait un petit dessin pour savoir comment tu vois les choses.

bonsoir,

effectivement mon message était assez succinct. l’idée est de poser tes lambourdes sur les longrines, donc de décaisser uniquement pour les longrines et de profiter du hérisson existant pour t’éviter de te casser le dos. Il faudra évidement décaisser suffisamment pour avoir un hérisson sous les longrines. Suite à la pose d’une géotextile sur le hérisson, tu pourras combler les vides entre les longrines avec du liège.

Ne pas oublier de mettre une feuille de liège entre la longrine et les lambourdes pour les isoler de l’humidité et à prendre en compte cette épaisseur pour le plancher final

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A moins que je n’ai pas tout bien lu, je n’ai pas vu l’évocation du décroutage des enduits en soubassements extérieurs ?

effectivement, mais le sujet concernait en grande partie les problèmes de niveau.de plancher. il est clair qu’a la vue des photos il y a aussi un problème extérieur

Bonsoir, Oui bien sur c’est prévu. Après ça, la question était de savoir si je faisais un drainage ou je gardais cette rigole pour évacuer mes eaux pluviales.

Bonsoir, merci pour ta réponse.

Ok je pense avoir compris ta technique.

Pour le hérisson existant c’est juste du petit gravier sur 15 cm, après on est sur de la roche. J’ai fais un schéma pour visualiser le complexe existant.

J’ai une partie avec du parquet sur lambourdes de 18 cm de haut et une autre partie avec cette chape de 5 cm sur 15 cm de graviers. (il y avait un mur entre les deux à l’époque) Donc ± 20 cm entre mon niveau souhaité et mon terre plein qui est en fait de la roche (difficilement décaissable). J’ai aussi sondé une autre pièce et là en dessous du carrelage et d’une mince chape, je suis directement arrivé sur la roche ! et ma hauteur sous plafond est ridicule (1,90 m) Ils avaient à l’époque, fait des petites tranchées pour passer des évacuations de 50 car c’était une petite salle de bain.