Bonjour, cas très intéressant !
Réflexions de thermicien - non expérimenté - qui s’intéresse beaucoup aux caractéristiques thermiques d’un terre-plein.
1- tu dis que le sable est sec. OK mais attention : cette réno est faite pour une centaine d’années, ce sable sera-t’il toujours sec quand le changement climatique aura produit des effets importants, notamment des très fortes pluies et inondations ? Le cas échéant, prévoir des systèmes de protection (rigoles de ruissellement, étanchéité verticale périphérique ou autres). C’est crucial car la conductivité du sol (sable ou autre) est radicalement différente, et est très élevée pour un sol humide (l’eau, même immobile, conduit très bien la chaleur).
2- le principe du terre-plein est que la chaleur s’écoule par conduction dans le matériau (échauffement de proche en proche) du point le plus chaud vers le point le plus froid. Dans un terre-plein, la chaleur du CENTRE de la pièce de diffuse en gros verticalement vers le bas, dans l’épaisseur de la terre. Cette chaleur va s’écouler très lentement, pendant plusieurs mois, jusqu’à ce que toute la terre sous le dessous soit à un gradient (variation géométrique verticale) de température quasiment stable, situé entre 12°C (température stable toute l’année à environ 5 m de profondeur) et la température de ton plancher.
Voir mon blog : Collapsologie Effondrement Energie Solaire Autoconsommation Chaleur Renouvelable
Sur le POURTOUR, la chaleur se diffuse à travers tes fondations vers l’extérieur, qui, en hiver est toujours bien plus froid (- 10 à -15° C chez toi) que le sol en profondeur sous la maison (+ 12°C) Les pertes par terre-plein à long terme sont donc : nulles au milieu, mais importantes en périphérie. L’ordre de grandeur de cet “effet pourtour” est de 1 à 2 m : la largeur (vue dans ta pièce) de cette périphérie déperditive est de 1 à 2 m. C’est à partir de cette bande intérieure chaude que la chaleur va circuler, horizontalement à travers le bas du mur et aussi en descendant un peu (à travers et sous les fondations) puis en remontant jusqu’à aller à l’extérieur froid.
J’ai fait il y a 2 ans une formation ASDER / OVIVANT sur la construction écologique. J’ai vérifié à cette occasion, en discutant avec un thermicien formateur, que ces déperditions en pourtour sont un point crucial pour atteindre des performances de “maison passive” en rénovation. Car les maisons traditionnelles ont toujours un lien avec le sol très important (sauf constructions tradi particulières du genre maisons en bois suspendues ou ce genre de choses). La conséquence est que ces déperditions en pourtour sont un point très difficile à réduire en rénovation (alors qu’en neuf, il est assez facile de faire de l’isolation en pourtour), et voilà pourquoi il est très difficile d’avoir une maison passive en réno.
La conséquence de ces réflexions (qui n’engagent que moi) est qu’il faut réfléchir à une solution technique qui solutionne en même temps les problèmes d’humidité accidentelle et de pertes de chaleur en pourtour, en imaginant une solution périphérique verticale extérieure, du genre une barrière de 1 m de hauteur placée dans une tranchée en pourtour extérieur. Barrière à l’eau et à la chaleur. La difficulté étant de ne pas perturber les fondations anciennes, qui ne tiennent souvent que par le poids des pierres entassées. Si on creuse une tranchée en pourtour, il faut donc le faire avec prudence pour ne pas déstabiliser l’ensemble.
Une variante à explorer est la mise en place d’une bande périphérique extérieure horizontale, de largeur 1 à 2m. Cette solution permet une isolation thermique mais pas une isolation à l’eau. Peut-être combiner les deux ?

Ces réflexions me semblent importantes car elles conditionnent, me semble-t’il, la faisabilité de nombreuses rénovations du bâti ancien avec un excellent niveau de performance thermique type “passif”. Le marché est tout simplement énorme.
Alors, il est possible que ton thermicien ne soit pas d’accord et me dise que ces déperditions périphériques ne sont pas si importantes. Dans ce cas, je suis preneur de ses chiffres : dans le cas de ta réno (et selon la qualité de tes systèmes isolants), quel est le poids, en % du total des déperditions, de ces pertes en pourtour bas sur terre-plein ? Et surtout comment a-t’il fait le calcul ? Et quel est le niveau global de performance calculé (en kWh/m² . an) du projet ?
Je n’ai pas vraiment répondu à ta question pratique, mais tu as des éléments de réflexion 
Au plaisir de continuer la discussion.