Fondations en autoconstruction ?

bonjour alex

j’ai lu les différents commentaires, tous sont pertinents….. en fonction de l’endroit où l’on construit. Si votre étude G1 dit que des fondations superficielles suffisent alors faites le vous même. Soit en louant une tarière pour faire des plots en béton de ciment ou mettre des pieux imputrescibles, après tout Venise tient comme cela depuis des siècles….. avec des maisons en pierres, bien plus lourde que votre projet.

Vous pouvez aussi opter pour une trancheuse ou une minipelle, ça se loue, et cela évite la fatigue du pioche/pelle. La fatigue et les problèmes engendrés dans les couples sont la principale raison de l’arrêt d’un chantier et d’une vie en commun.

Pour en revenir au fondations “cyclopéennes”, j’ai autorestauré 5 maisons, pas toutes pour moi, mais dans deux cas j’ai été amené à creuser en dessous des fondations, en intérieur et en extérieur. les fondations faisaient102 cm, 3 pieds, les pieds locaux de l’époque, on est pas à 10 cm près. mais sur 32 cm de haut. le sol argileux était raide comme la justice, je le sais car j’ai commencé le décaissement à la pioche, au bout de deux manches cassés, j’ai loué une minipelle de cimetière.

En réalité, ces fondations sont montées comme le reste du bâtiment avec un déport de 30%. les mur, en schiste, micaschiste et une part légère de granite. Les ouvertures étaient en calcaire en façade et en chêne pour les linteaux pour éviter les ponts thermiques, faisaient en gros 70 cm d’épaisseur.

Pour en revenir au terme cyclopéen, il s’applique aux constructions sud américaine avec des blocs de plusieurs tonnes…. bien loin de nos fondations de maisons en pierres.

il faut certes choisir ses pierres, d’une part celles qui font la largeur de la tranchée et d’autres part celles qui rejoignent les premières pierres. Cela s’appelle des clés. C’est le croisement de ces pierres qui font à la fois la solidité des fondations mais aussi des murs, ce qui n’est pas votre cas concernant les murs.

Second conseil pour les fondations, moins il y a de mortier plus solide elles seront, le mortier n’est pas une colle, c’est un travail de limousinier, pas de carreleur, plus vous mettez de mortier plus vous fragilisez vos fondations, plus vous augmentez la capillarité. plus vous aurez de problèmes à l’avenir

Pour conclure, je ne sais pas où vous vivez et ce que j’ai écrit ci dessus fonctionne dans la plupart de nos régions, mais si vous pouviez indiquer votre zone géographique, cela aiderait, surtout au niveau des pierres et de leur capillarité et l’utilisation des différent type de chaux, même de ciment Vicat qui est une chaux en fait.

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Bonjour,

Mes excuses pour le délai. Merci énormément d’avoir pris le temps de partager vos expériences. Nous, nous construisons dans le Morbihan, à Allaire. Entre-temps, on a décidé de faire faire les fondations et la dalle de la maison habitable, mais on a un annexe/atelier/sas d’entrée mitoyen et non isolé et pour ces 20 m2-là, on va faire les fondations en autoconstruction. Voilà un beau compromis, non ? On économisera un peu en faisant cette petite partie en autoconstruction et on gagnera en expérience sur une petite construction moins lourde pour laquelle les enjeux sont moindres (c’est essentiellement un garage à vélos), tout en étant plus sereins pour la partie habitable où justement les enjeux sont plus élevés (gaines et canalisations sous dallage, isolant, la RE2020, la stabilité d’une construction qui vaut pas mal cher). Je crois qu’on a trouvé un bon maçon, et au moins on a l’avanage que son statut d’autoentrepreneur fait qu’il ne facture pas la TVA, mais il a une décennale. Bref, tout ça nous rassure finalement, mais on est d’autant plus motivés à faire celles de l’atelier nous-mêmes pour apprendre sur un petit projet et pour mettre en œuvre des méthodes un peu plus écologiques (au moins ce sera pas TOUT notre projet qui sera en BA).

Alors, le plan actuel d’après mes recherches :

  • tranchées creusées par le terrassier en même temps que celles de la maison
  • fondations superficelles cyclopéennes (car oui, on a une étude G1 qui préconise seulement des fondations dites superficielles, mais à 80cm de profondeur)
    • Chaux NHL5
  • Soubassment en parpaings
  • Chaînage en blocs en U à bancher pour reprise ossature bois

Là où on hésite encore (et on est preneurs de conseils !), c’est pour le complexe de sol. On voudrait que ce soit une coche plus écologique que du béton armé et comme il s’agit d’une petite surface, le surcoût total ne serait pas énorme. A minima, une dalle de chaux de 10 m2 sur hérisson avec géotextile.

Mais idéalement, pour un atelier plus sain et agréable, une dalle de chaux-chanvre de 10cm sur géotextile sur hérisson ventilé de 15cm (on est en zone 3 pour le radon). L’atelier sera pas chauffé, ni isolé au-dessus du sol dans un premier temps, mais on le fera peut-être un jour. J’ai lu tout et son contraire sur la durabilité (pourrissement) des dalles chaux-chanvre, mais je trouve cette solution très pertinente et facile à mettre en œuvre dans ce contexte, et encore une fois, ce n’est pas la maison proprement parlant.

Dans tous les cas, la dalle serait désolidarisée des murs avec du carton ondulé tout simplement. Et le tout sera fait à la bétonnière, n’ayant qu’une petite superficie à faire.

Qu’en pensez-vous ? Merci

bonjour Alex

vous avez la chance de vivre dans une région la pierre est la moins capillaire de France avec les Pyrénées et quelques Gâtines localisées. le prix en carrières du M3 est entre 30 et 80. Cela demandera plus de travail que de poser des agglomérés, les étanchéifier, car oui l’agglo est une éponge et à un bilan carbone monstrueux.

A vous de voir, il faut compter le transport, aller voir la carrière, voir s’ils ont de “déchets”, s’ils sont convenables par rapport à vos attentes, longueur, hauteur et profondeur.

NHL 5 parfait, l’apport de savon noir dans le mélange vous fera économiser de l’eau, rendra le mortier plus souple et adhérant aux formes de la pierre et dans une moindre mesure mais appréciable tout de même, plus hydrofuge. Donc une limitation des remontées capillaires.

Bon nous allons passer à la partie négative, c’est du travail, éreintant, le granit n’est pas du tuffeau, ça pèse le poids de trois hommes morts, il faut savoir croiser les pierres pour assurer une stabilité et une solidité, mais cela une heure de conversation et c’est très vite intégré et compris.

Le tailler demande des outils au carbure, qui coûte une fortune, mais de burins de base font l’affaire aussi mais de marque, pas de chez action, il faut juste les affuter au moins deux fois par jour, après tout les églises de la péninsule bretonne se font fait sans carbure, et elle sont toutes magnifique, je le sais j’y ai bossé 4 ans.

En conclusion, renseignez vous sur les carrières aux alentours, soyez un chacal, il vous vendrons leurs déchets au prix de l’or, pour la plupart car le canal granulats, pour faire du béton de ciment paye bien, enfin pour des déchets

Merci ! J’aurai des nouvelles d’ici quelques mois sur comment ça s’est passé.

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