Nouvelle question sur le forum, je n’arrive pas à trouver la réponse même dans le livre des règles professionnelles.
Ma maison sera construite en poteaux-poutres. Un mur en ossature bois sera installé entre les poutres pour pouvoir y loger la paille. Je pars sur cette technique car pendant la construction de la structure qui sera fait par des artisans (obligation de la banque), je serais en déplacement professionnel pendant un petit moment, donc les artisans pourront avancer pour le bardage également.
Donc les murs seront en ossature bois mais je me demande l’entraxe maximum que l’on peut avoir. Nous étions partis sur un entraxe de 46cm (conforme à mon fournisseur de paille local qui fait du 36x46) dans le cas où je posais ma paille debout. Cependant, je peux agrandir cette entraxe, je pensais donc poser la botte de paille sur chant. Je sais quelle fait au minimum 90cm, au maximum 110cm.
Est-il possible d’augmenter l’entraxe pour mettre une botte de paille sur chant ? Si oui, jusqu’à quelle grandeur est-il possible d’augmenter l’entraxe ? Est-il judicieux de faire ainsi dans le but de réduire les débit de bois mais certainement de perdre du temps à refaire des longueurs exactes ? Où peut-être que je me trompe de chemin et une autre technique est encore plus favorable ?
Voilà, je vous remercie par avance et vous souhaite une bonne journée.
Bonsoir @Raphael81 ,
Je viens de terminer la pose de mes bottes (de paille) et je suis en cours de nouage pour les relier entre elles. Autant dire que j’ai peu d’expérience, mais bon…
Attention au risque de malentendu dans le vocabulaire si tu fais faire l’ossature : 46cm (ou 47 dans mon cas), ce n’est pas l’entraxe des montants, mais l’intervalle libre entre deux montants.
J’avais moins de liberté que toi car mon ossature était porteuse. J’ai posé le plus souvent les bottes debout (intervalle de 47cm) et parfois selon la distance disponible jusqu’à la porte ou la cloison suivante je les ai posées sur chant.
Ce que j’ai constaté au delà des longueurs des bottes qui variaient beaucoup, c’est que la densité aussi était très variable (presse à bottes vieillissante, qui cassait les ficelles dès qu’on essayait d’augmenter la compression). Rares étaient celles qui dépassaient 80kg/m3. J’ai donc dû mesurer et peser chaque botte, et toutes les recompresser. Ceci m’a finalement permis de jouer sur la longueur en assurant la densité mini recommandée par le RFCP, et finalement en décidant où j’allais poser chaque botte en fonction de la longueur que je pouvais obtenir, horizontale ou verticale, dans quelle colonne, et parfois compresser un peu plus pour ajuster le complément à une colonne verticale par exemple.
Bref, en résumé,
si les bottes fournies ne sont pas toutes au dessus de 80kg/m3, il faudra en tenir compte,
du coup ce n’est pas la longueur des bottes sorties du champ de blé qu’il faut regarder, mais quelle plage de longueurs tu pourras obtenir après recompression.
Avec des distances de 1m10 entre montants, tu risques de ne pas trouver de bottes pour remplir un intervalle aussi grand.
A l’opposé, si certaines bottes de 900 ne sont pas assez denses, tu devras les recompresser aussi, et là il te faudra des intervalles plus courts que 900 sinon elles seront inutilisables… sauf dans une colonne verticale où tu peux empiler des bottes courtes sans difficulté.
Et très belle année à tous les twizeurs et twiseuses !
Phil.
Pour un premier projet je conseillerai de rester sur la pose en botte debout. C’est plus simple à gérer au niveau des longueurs variables de bottes et sur la mise en place et fixation.
Bonjour, nous sommes en pleine construction de notre maison plain-pied “bois-paille terre”. La paille est posée, on en est à l’enduit terre intérieur. L’ossature est porteuse, avec des montants douglas de section 20x5cm. Nous avons mis l’essentiel des bottes debout à part quelques colonnes où les dimensions faisaient plus et où nous avons du poser horizontal. Vertical, c’est plus simple qu’horizontal, où il faut bloquer avec des tasseaux triangulaires. La section de la botte est toujours( à peu près) de 37x47, mais la longueur varie un peu, suivant l’avancement de la presse aux champs. Également quant on vérifie la densité on est souvent obligé de recompresser, si bien qu’une longueur fixe est difficile à obtenir, c’est ce qui complique la pose horizontale. L’espace entre nos montants est de 42 cm pour une botte de 47, afin de faire une feuillure qui couvre les montants pour limiter les ponts thermiques. La préparation de chaque botte avant pose est : vérification de l’humidité (tjs < à 20%) avec une sonde agricole (type Draminsky), pesage et mesure de longueur pour calculer la densité, et recompressage si la densité est inférieure à 80 kg/m3. On a fait un tableur sur nos téléphones pour noter chaque botte, cela nous calculait la densité et la longueur à obtenir après compression. Il faut faire très attention à l’humidité, on en a eu quelques unes qui avaient l’air bien, mais qui en fin de compte était en train de pourrir et de fermenter à l’intérieur, et là il y a risque pour ta construction. Donc pour résumer, la pose verticale utilise plus de bois mais est bien plus simple à notre avis.
Merci de votre réponse.
Oui je parle effectivement de l’espacement libre entre chaque montant qui sera de 46cm, la largeur de ma botte de paille debout.
Votre fournisseur est-il referencé sur le site du RFCP ? Car le miens il est référencer et à discuter avec lui, il a l’habitude de la botte de paille pour la construction et le respect du cahier des charges, même si je ferais dans tout les cas un contrôle avant réception, je pense, et je l’espère, qu’il n’y aura pas de soucis à ce niveau la. Sachant que la livraison ce fait seulement après récolte. Donc pas d’année d’attente dans un hangar.
À lire vos réponses, je vais rester sur de la pose debout, et si nécessaire horizontal comme vous l’avez indiqué.
Je pense garder l’espacement de 46cm, et j’y intégrerai des quenouilles au niveau de l’espacement entre les bottes de paille.
Bonsoir @Raphael81 ,
non mon fournisseur n’est pas référencé, c’est le cultivateur du coin, pour le côté circuit court. L’inconvénient est qu’il n’avait pas le matériel adapté ni l’habitude des précautions de manipulation nécessaires. Je suppose qu’avec un fournisseur habitué aux contraintes de la construction paille il y aura moins de variabilité.
Je confirme aussi l’intérêt de mettre un entraxe de 42cm, ce que j’ai fait à certains endroits de ma maison. Le remplissage entre colonnes a été largement simplifié dans ces zones, puisqu’inutile. Mais il est vrai que ça consomme plus de douglas en 42 qu’en 47.
Dans les zones en 47cm où on ne peut pas profiter des feuillures, concernant les “poupées de paille”, ou ce que vous appelez probablement les “quenouilles”, qu’on pourrait aussi appeler “boudins de paille”, pour le remplissage entre bottes, je conseille vivement d’acheter du filet à rôti auprès d’un fournisseur de charcuterie professionnelle (rouleaux de 50m). Un formateur pro-paille de Oïkos m’a parlé de cela et j’en suis très très satisfait. Un petit outillage bricolé pour remplir les boudins (les rôtis) de paille, et on en fait aisément 1 mètre à la minute, avec de plus un résultat impeccable, relativement dense et qui se tient bien.
L’outillage : un Vé préparé dans un bois d’ossature et un bout de tube PVC diamètre 80 ou 100mm, le tout fixé sur une planche.
Des boudins d’1m30 environ permettent de remplir la hauteur devant un montant d’ossature avec 2 boudins.
Pour leur mise en place bien profondément dans un interstice, l’utilisation de chausse-bottes facilite grandement le travail, et on arrive à en mettre deux ou 3 dans la profondeur jusqu’au montant d’ossature. Ne pas hésiter à pousser jusqu’au fond avec un tasseau et un maillet.
Enfin, si l’on a bien pensé à mettre sur chaque montant une série de crampillons avec une double ficelle en attente, on peut insérer les boudins entre les 2 ficelles, puis croiser celles-ci au moment de la fixation finale des bottes.
J’ai fait pareil que Gilbert et Brigitte, en pose debout, et j’ai trouvé ça très pratique. La découpe de la feuillure à la scie alligator est plutôt rapide et précise une fois un petit gabarit fabriqué, et ça m’a semblé plus simple que de refaire des poupées à chaque montant par la suite. Sur un mur de 10m, ça rajoute 2 à 3 montants supplémentaires.
En parallèle, j’avais demandé à mon collègue paysan de me faire des bottes d’une longueur égale à un peu plus de la moitié de la hauteur de mon mur ossature bois (167cm, c’était une réhausse). Au final j’ai eu seulement à dégarnir quelques bottes et j’ai pu les rentrer 2 par 2 en force sans tasseau de maintien.
Aller, j’ajoute un truc qui m’est apparu aujourd’hui en préparant mes cadres autour des fenêtres : je regrette de ne pas avoir systématisé sur les plans une feuillure à droite et à gauche de chaque ouverture. Cela aurait simplifié le remplissage dans ces zones.