Pour ceux qui ont lu mon premier sujet (en cours de suppression pour éviter les doublons), je suis en pleine rénovation de mon ancienne cuisine qui va devenir mon nouveau salon.
Au niveau historique, il s’agit d’une vieille maison villageoise datant de +/- 1700, construite majoritairement en pierre du pays. Je suis en Belgique. L’ancienne cuisine était construite dans une annexe plus récente (je dirais +/- années 60/70) mais majoritairement construite sur base des anciens murs de séparation entre les anciennes cours.
En retirant le plancher actuel, j’ai constaté qu’il reposait sur des lambourdes qui elles mêmes reposent sur le sol en terre + pierres (le sol est assez rocheux). Il y a un film plastique épais entre les lambourdes et la terre. Il y a également une ancienne citerne qui a été remblayée.
A noter que les maçonneries descendent un petit mètre en dessous du niveau actuel du sol.
Notre objectif est de pouvoir mettre des tomettes.
Est-ce que cela vous semble cohérent dans l’ensemble ?
J’ai quelques questions plus précises :
Comment gérer la citerne ? A cet endroit nous ne pourrons pas creuser pour mettre l’ensemble du complexe. Est-ce qu’il vaut mieux qu’elle soit au niveau de la dalle ou en partie sous du misapor ? D’autres précautions ?
Quelle épaisseur minimale pour la dalle ? Est-ce qu’une chape est nécessaire/idéale avant les tomettes ou est-ce que je peux partir sur dalle + mortier chaux sable ? Est-ce que cela a du sens de “mixer” le béton de chaux ? J’entends de sérieux doutes sur le chaux-chanvre… quid du chaux-liège ou chaux-argile ?
Est-il nécessaire de drainer le hérisson de misapor ? La terre sous le plancher est “fraiche” mais pas d’eau sous forme liquide et hormis certaines zones, pas de condensation sur le plastique actuellement en place (globalement le plancher a bien vécu ces 50 dernières années). Le percement des murs pour y faire passer un drain risque par contre d’être une partie de plaisir.
On envisage d’isoler par l’intérieur avec du Liège. Est-ce pertinent de faire descendre l’isolation jusqu’au dessus du misapor puis de faire la dalle (cf schéma) ?
Enfin, comment gérer la jonction avec la partie salle à manger qui est avec un plancher ancien sur le même principe sans la feuille plastique… et qu’on ne souhaite pas toucher ?
Bonjour, autorénovateur, ayant suivi plusieurs formations dispensées par des artisans du réseau Tiez Breiz, je me tente à quelques réponses.
8cm de dalle de béton de chaux semble un minimum.
Dans votre cas je ne vois pas de gain particulier à partir en chaux liège ou chaux-pouzzolane sauf pour la mise en œuvre si vous la faite vous même, les mélange son bien plus léger à trimballer en brouette qu’un béton de chaux classique (gravier sable et chaux). Mais le liège est une ressource fragile, à utiliser avec parcimonie. Et votre misapor est déjà isolant.
Une chape maigre de 4 à 6cm est idéale sous carreaux de terre cuite. Doser 5 sable pour 1 chaux NHL3,5 si tomettes neuves, 8 sables pour 1 chaux si tomettes anciennes. Tasser fort, bien de niveau, puis coller les tomettes à la chappe avec barbotine de chaux.
Le géotextile me semble facultatif sur votre schéma. La dalle est assez dense à la mise en œuvre, si trop liquide risque de retrait et de fissure. Si mise en œuvre via camion toupie, le mélange est alors plus liquide et fibré, prévoir alors le géotextile.
Si pas d’eau liquide pas besoin de drain. Cependant une ventilation en partie haute du hérisson peut être intéressante, pour capter et évacuer l’humidité résiduelle du terre plein, et le potentiel radon si vous êtes sur un substrat concerné par ce gaz radioactif cancérigène. La ventilation peut amoindrir un peu les qualités thermiques de votre forme drainante en misapor.
Privilégier un plan de ventilation de ce type (illustration en photo) Élever un hérisson ventilé
à base de tuyaux épandrain de 10cm de diamètre, au rythme le plus régulier possible entre toutes les traverses pour permettre une circulation de l’air sur l’ensemble du réseau. Les réseaux à base de tuyaux souples jaunes de drainage agricole, disposés en serpent ne sont pas aussi performant, le trajet de l’air est très long de l’entrée à la sortie et les risques de pertes de charge sont grands.
Les plaques de liège en périphérie de la dalle, contre les murs, sont importantes pour éviter les transferts d’humidité des murs soumis à remontées capillaires vers la dalle, elles font aussi office de bande de désolidarisation. Disposez le liège dès le milieu de votre épaisseur de misapor pour que la dalle soit bien protégée.
Merci pour votre retour et vos réponses détaillées.
En poursuivant le retrait du plancher et en réalisant un sondage du sol présent sous celui-ci, il apparaît que le sol soit en réalité des voutains en briques au-dessus d’un vide sanitaire (???). Nous n’avons tant que maintenant pas trouvé d’accès à cet espace… Nous poursuivons le retrait de l’ancien plancher mais celui-ci est rendu compliqué par la présence d’une cloison (à déposer elle aussi mais encombrée de nombreux circuits de chauffage central).
Si l’absence d’accès se confirme, il faudra sans doute trouver une solution pour ventiler ce vide (heureusement on a accès aux murs extérieurs) et refaire une base perspirante, isolante et compacte (maximum 10cm entre le niveau fini et les voutains)… beau challenge en perspective.