Ma Prim rénov et la pertience des solutions proposées

Bonjour à tous,

Nous devons agrandir notre maison afin de suivre l’agrandissement de la famille. Après rencontre avec un conseiller de l’espace FranceRenov nous avons le droit à pas mal d’aide dont des fonds pour une ITE.

Actuellement nous avons une maison en pierre avec un enduit terre à l’intérieur et une extension en parpaings avec une ITE bloc de chanvre type isohemp. La partie pierre très confortable en toutes saisons, la partie parpaing ça caille vite l’hiver. Nos menuiseries sont récentes mais pas de toutes premières qualités (COVID oblige au moment de la réno).

Nous consommons environ 100Kwh/m² en EP (plus 4 stères de bois/ans) je trouve que bien que cela soit loin d’être parfait cela reste raisonnable.

Malgré le fait qu’une grande partie soit subventionnée je me pose la question de la pertinence de l’ITE: respiration du mur? Quel réel gain énergétique? maquillage du patrimoine etc…

L’autre idée pourrait être une géothermie+PAC mais bon quand la PAC lâche cela coute très cher de la remplacer.

Nous pensions donc réaliser une extension « coincée » entre deux bâtiments: (notre maison actuelle chauffée et une dépendance en pierre servant de remise) afin de ne pas augmenter les surface en contact direct avec l’extérieur et de n’isoler par l’extérieur que la partie parpaing.

Qu’en pensez vous? doit on se lancer dans l’ITE ou rester sur des solutions qui, il me semblent sont plus adaptées au batî ancien même si moins performantes?

J’espère avoir été clair dans mes explications! :slight_smile:

Merci à vous!

Bonjour Florian,

C’est délicat de faire des préconisations avec les éléments que vous proposez, les gains de performance thermiques visés devant répondre à une approche globale/systémique (enveloppe murs/sol/plafonds/menuiseries/chauffage/ventilation/valorisation des apports solaires passif/étanchéité à l’air/gestion des ponts thermiques et des interfaces…

Un plan de masse de l’ensemble et du projet serait profitable aux contributeurs… yc orientation pour se faire une idée de la valorisation des apports solaires passif (ouvertures sud) et des risques de surchauffe estivales (ouverture est, ouest et nord) ; la distribution et les usage des surfaces volumes, puisque les températures de confort attendues en sont pas les même dans un séjour, une cuisine, des chambres, une salle de bain, etc

Quelques questions subsidiaires :
Quels isolation en comble ou toiture sur chacune des parties ?
Quel isolation au sol ?
100Kwh/m² en EP (plus 4 stères de bois/ans) pour quelles surfaces/volumes ?
Quid de la ventilation ?

Une remarque :
Je suis étonné de votre ressenti sur la partie parpaing ITE chanvre… Cela trouve peut être une explication dans le reste de enveloppe (plafond/sol) ou dans une impasse de gestion de l’étanchéité à l’air…

De mon point de vue, une ITE sur bâti ancien peut accentuer les risques de remontées capillaires.
La géothermie + PAC dévoile un budget supérieur à d’autres solutions. La géothermie s’étudie car son rendement dépend aussi de la géologie du sol… D’autant qu’il existe plusieurs type de géothermie (surface/profonde)…

Je propose souvent un mix SSC système solaire combinée (solaire thermique pour ECS eau chaude sanitaire + chauffage hydraulique) avec un appoint PAC… Enfin quand là aussi les conditions sont favorable (orientation/inclinaison, gisement solaire, masques, etc…

Plus généralement il faut reconnaitre que les méthodologie d’analyse réglementaires son assez mal adaptées au bâti ancien (notez qu’un DPE spécifique au bâti ancien est à l’étude… Les préconisations elles aussi mériteraient d’être adaptées.
Certains procédés d’isolation sont également mal pris en compte. Ainsi la régulation hygrométrique que propose un matériau, son effusivité/diffusivité, son déphasage, sont des facteurs oubliés de l’analyse thermique (méthodologie réglementaire) et de la comparaison d’isolants entre eux… Ces facteurs influent pourtant de manière significative sur les températures ressenties donc sur le confort et la consommation énergétique…

D’expérience, et pour le moment, solutions pertinentes dans le bâti ancien et captation de subventions ne font pas bon ménage. Il faut donc souvent faire des arbitrages « contre nature », ou s’orienter vers des solutions que l’on sait efficaces mais avec un subventionnement limité…

Je me relis et je m’aperçois que cette contribution ne vous aidera pas immédiatement dans vos choix ; l’objet serait peut être de vous faire appréhender l’idée que la question est vaste, qu’elle ne peut trouver de réponses ouvrage par ouvrage, et qu’i faut prendre en considération les usages des volumes et même votre mode de vie…

Merci Jean-Patrick pour ce premier retour très complet! Je prendrai le temps ce week-end d’apporter une réponse illustrée et complète! Bonne journée!

4 stère de bois =env 7 200 kWh à diviser avec la SHAB et à rajouter « Nous consommons environ 100Kwh/m² en EP (plus 4 stères de bois/ans) je trouve que bien que cela soit loin d’être parfait cela reste raisonnable. ».
Les aides dans le cadre d’une réno globale vont se faire en fonction des sauts de classe sur le DPE.
5 usages (chauffage, refroidissement, ECS, auxiliaires, éclairage) en EP/m² SHAB.

L’isolation extérieure de l’ancien est possible mais doit être vue au cas par cas avec des matériaux adaptés (ce qui exclu les poly…) . Le coté patrimonial doit être pris en compte également.

La règle c’est isoler l’enveloppe, mettre des systèmes performants notamment la ventilation, intégrer des ENR.

Bonsoir,

Pour revenir à ma question:

Aperçu global du site:
Orientation de la maison Nord-Est Sud-Ouest. Nous sommes très abrités des vents car c’est une région très bocagère. Le Sud-Est-Ouest comporte aussi de nombreux arbres permettant d’être à l’abri du soleil l’été. Par contre beaucoup de masques solaires au droit de la maison donc pour l’ECS solaire cela semble compliqué.

Il est prévu la pose de 3kw de panneaux solaires dans une prairie sans aucun masque à 150m de la maison.

Concernant la confort actuel de la maison:
Dans la partie pierre, confort toute l’année: avec 16°c l’hiver on a quand même une sensation de confort et donc pas besoin d’augmenter le chauffage. L’été on en parle pas. On a jamais eu plus de 23°C avec du 39°C dehors. Pas de clim évidemment.
Dans la partie extension parpaing l’hiver ça caille mais on a que le poêle à bois. On peut être à 22°C à 22h le soir mais le matin redescendre à 14°C.

Techniques employées:
-VMC Hygro B ;

  • partie pierre, pas d’isolation, j’ai enlevé l’enduit ciment en extérieur. Enduit Terre Argilus en intérieur. Pas d’isolation du dallage sur terre plein. Au sol c’est du liège aspect parquet.
    Au départ on avait pas de comble aménagés j’ai donc soufflé 30cm de ouate de cellulose entre lambourde.

-Combles:
aménagement des combles avec 2*160mm de laine de bois + pare-pluie (R=1.4 si je me souviens bien) + lame d’air ventilée sous ardoise. Il y fait chaud l’été, trop chaud pour que ce soit tenable à terme.

  • Partie parpaing:
    pas d’isolant sur terre plein, revêtement de sol liège. Quand on a acheté il y a avait un doublage placo+polystyrène 3cmn et un peu plus de 35cm de ouate soufflée au plafond (pas de frein vapeur). J’ai doublé en bloc de chanvre + enduit chaux sable par l’extérieur et installé un lambris bois en intérieur pour casser ce ressentit « paroi froide »


la façade en bas est orientée Sud/Sud-Ouest :+1:

Le mur Sud Est, celui qui est aveugle est il en limite de propriété ? Sinon il serait judicieux de l’isoler par l’extérieur. Est ce judicieux ? Parce que là les infos c’est parcellaire quand même.
Sur le plan projet vous n’avez pas renforcé l’isolation de la partie en bloc béton, celle ou vous avez froid ?
Sur l’extension entre les deux maisons il n’apparait pas d’isolation ?
Des caves, sous sols, étages ?

=> Le mur à droite (Est) est en limite de propriété et mitoyen donc pas de possibilité de l’isoler.Mais il n’y a pas d’échanges directs avec l’extérieur donc j’ai l’impression (peut être est ce une fausse idée) que les échanges thermiques sont moindre car la température de la pièce mitoyenne (non habitée, non chauffée, non isolée) varie peut.

=> Le mur Ouest à l’extrémité du séjour en projet est aussi en mitoyenneté mais nous appartenant

=> la partie en blocs parpaing est déjà isolé en ITE par des blocs de chanvre mais comme je le disais plus haut le ressenti n’est pas top (mais cela vient il de l’isolant en lui même ou d’autre ponts thermiques? La question c’est enlevè on cet isolant pour repasser sur un plus efficace (laine de bois?). Mais cela ne me semble pas pertinent ni écologiquement ni économiquement.

=> Pour la partie extension il est prévu une ossature bois avec isolation entre montants.

=> tout est de plein pied (pas de cave ni sous sol), seul les combles de l’existant ont été aménagés récemment (intérieur vers extérieur: lambris, frein vapeur, 2*16cm de laine de bois, pare pluie, lame d’air ventilée et couverture ardoise ;

Désolé de pas être très clair il est difficile d’expliquer un projet avec toutes les complexités du bâti ancien.

Nous sommes un peu perdus entre deux discours:

  1. Une maison en pierre n’est pas performante, il faut isoler, ITE le plus efficace + correction pour sensation paroi froide

et, notamment de la part de différentes CAUE, de l’ADEME, de MPF:

  1. Attention au au patrimoine, une maison en pierre est confortable, attention aux isolants pas adaptés en cas de remontées capillaires ou de pathologies spécifiques.

Notre crainte est de faire pire qu’actuellement, ou la maison, bien qu’energivore, est très confortable (si on passe les baisses de température le matin mais cela reste gérable)

Super, oui vous avez raison (on est pas devin :wink:)

Ah ! sur le plan projet il est isolé. Pour le coup c’est a voir, si c’est chauffé ou pas ! Il me semble distinguer sur le plan une isolation extérieur + une isolation intérieure sur toute la partie a réhabiliter à l’Ouest. Ce sera soit l’une, soit l’autre. Je ne peux pas juger de l’intérêt patrimonial de votre bâtit concernant une isolation extérieure. Donc je ne pourrais vous dire et d’ailleurs vous êtes maitre d’ouvrage, donc c’est vous qui décidez.

L’avantage de l’ITE c’est effectivement de casser les ponts thermiques. Et ce qui peut être vu comme un avantage dans une certaine limite : Profiter de l’inertie des murs/Ou autres pour lisser les courbes de température. Alors l’inertie c’est bien mais point trop n’en faut. Vous vous imaginez qu’un bâtiment à forte inertie même bien isolé sera difficile à chauffer un retour de WE en hiver et qu’au contraire une baisse de chauffage ne se fasse pas ressentir trop vite. Pourtant il faudra fournir l’énergie nécessaire correspondant aux déperditions pour maintenir une température constante.

Une maison en pierres traditionnelle dite de bâti ancien officiellement avant 1948 (d’architecture vernaculaire) peut être performante et même BBC mais c’est plus compliqué et cela demande plus d’attention concernant les solutions à adopter. Le sujet est complexe et passionnant. Il n’y a pas de solution toute faite, c’est au cas par cas.
Tant au niveau des matériaux à mettre en œuvre, des aspects patrimoniaux, de la sensibilité ou pas aux matériaux biosourcés et de la gestion de l’humidité ce qui est primordial (drainage et ventilation).

D’ailleurs en lisant vos messages je me demande si un souci d’humidité se poserait sur cette fameuse extension Nord …

Bonjour,

Et l’architecture dans tout ça !
Quand j’entend parler d’isolation par l’extérieur, je commence par me demander si la maison a un caractère ou un style architectural particulier qui doit être respecté ou si c’est une construction banale qui n’en souffrira pas.

J’encourage toujours de joindre des photos aux demandes faites sur le forum. C’est pas compliqué et ça permet tout de suite d’appréhender les problématiques.

Bonjour!

C’est aussi ce qui amène ma réflexion. Les façade ne possèdent pas de modénature particulière: pas d’entourage de fenêtre ou de pierre de taille. Nous sommes dans de la « pierre de champs » grossièrement montée.

Nous conserverons de plus une grande partie du bâti en pierre (le bâti non destiné à l’habitation).

En première approche nous partions sur un bardage vertical naturellement grisé et de différentes largeurs afin de se rapproché des hangars agricoles environnants.

Quelques photos de la façade Sud (coté jardin). La façade Nord est du même tenant.

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