Bonjour,
J’envisage de réaliser une chape en terre crue sur la dalle béton de mon rez-de-chaussée à l’aide de la terre de mon terrain (analyse ci-jointe).
Cette chape englobera des tuyaux pour plancher chauffant.
La dalle étant isolée (hourdis polystyrène), faut-il tout de même ajouter qqs cms d’isolant type plaques de liège ?
Une partie de la chape sera recouverte de lambourdes et parquet bois massif (salon), une autre sera recouverte de carreaux de terre cuite (wc, sdb, cuisine) et une dernière juste durcie à l’huile de lin (chambre).
Je me pose quelques questions sur la résistance à la compression de cette chape.
Nativement, elle est de l’ordre de 2 MPa (20 kg /cm2). J’ai peur que ça ne soit pas suffisant et que les lambourdes, meubles lourds (lit, armoire…) ne s’enfoncent.
Pour les parties recouvertes d’un revêtement (lambourdes bois et terre cuite), ai-je besoin d’ajouter du sable, de la chaux, du plâtre, des fibres (paille hâchée, chanvre…) pour obtenir une résistance à la compression suffisante ?
Un agent dispersant (hexamétaphosphate de sodium, tanin de châtaigner), est-il requis pour augmenter la résistance à la compression à 4 ou 5 MPa comme présenté dans cette étude https://amaco.org/wp-content/uploads/2020/04/Brochure_Beton_Argile_Environnemental.pdf?
Faut-il absolument compacter la terre à l’aide d’une plaque vibrante ou dameuse manuelle ?
La méthode la plus simple (juste prendre la terre, l’étaler et la compacter, sans passer par un mélange à la bétonnière) est-elle suffisante pour l’un des usages ?
Merci pour vos retours d’expérience, vu que je n’en ai pas du tout dans ce domaine.
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Bonjour julien44
C’est une belle rénovation que tu commences là,
Quelques question pour bien comprendre:
- la chape sert à englober un système de chauffage par le sol, recouvert d’un plancher sur lambourde, ou terre cuite ou chape de terre crue huilé comme finition selon les pieces, est ce bien cela? quelle épaisseur de chape?
- où trouves tu ces valeurs de compression ?
- La courbe granulométrique n’est pas suffisante pour savoir s’il y a suffisamment d’argile, le classement A1, « Les matériaux de classe A1 selon la NF P 11-300 sont des sols grenus (graveleux ou sableux) propres, insensibles à l’eau et non gélifs, utilisables directement en remblai ou couche de forme sans traitement. » Donc pas d’argile, donc pas de liant, donc pas de résistance mécanique une fois sec. mais ça c’est la théorie.
La méthode la plus simple (juste prendre la terre, l’étaler et la compacter, sans passer par un mélange à la bétonnière) est-elle suffisante pour l’un des usages ?
et là je suis bien d’accord avec toi.
Et si tout simplement tu faisais tes propres essais? il est encore temps de faire sécher de la terre crue en septembre (ça dépend de l’épaisseur de ta chape, et tu n’en parles pas).
Perso, j’aime bien travailler à la bétonnière, j’ai mélangé la terre des excavations de ma maison, très pauvre en argile, avec un limon de récupération (toujours pas d’argile), de la fibre végétale pour bien lier le tout et j’ai construit mon poêle de masse et du remplissage de mur de refend.
J’y habite depuis 10 ans déjà et pas de dommages, Si tu veux en voir plus sur mon retour d’expérience, conception-bioclimatique.fr
Frédéric LP
Bonjour Frédéric,
Merci de t’intéresser à mon sujet 
Je pense faire une chape de 4 ou 5 cms d’épaisseur, de quoi enrober les tuyaux sans prendre trop d’épaisseur. En ajoutant des lambourdes et parquet, je risque d’atteindre les 10 cm (ce que j’ai réservé sur les plans).
Les valeurs de compression sont tirées de diverses lectures, dont celle référencée dans mon 1er message. Ce qui revient souvent comme inconvénient, c’est cette faiblesse mécanique qui tolère mal le poinçonnement (chaussures à talon pointu, pieds de meubles lourds…). C’est pourquoi j’espère limiter cet effet en ajoutant un matériau plus dur (bois, terre cuite voire travertin) qui prendrait appui sur une plus grande surface. L’effort serait ainsi réparti. Je suis preneur de retours d’expérience là-dessus.
Ce serait quand même dommage d’avoir autant de matière première à disposition (la terre de décaissement du vide sanitaire), qui plus est locale et on ne peut plus écologique, et de devoir se fournir en chaux au bilan beaucoup plus lourd (environ 1 tonne de CO2 par tonne de chaux) !
Quelle valeur de compression ai-je besoin pour supporter un usage domestique ?
Une dalle de chaux NHL 3,5 ou 5 tourne entre 10 et 15 MPa (100 à 150 kg / cm2), en béton ça monte à 25 : ça me paraît surdimensionné.
Pour avoir creusé des tranchées l’hiver dernier, je peux affirmer que la terre est plutôt argileuse. Les bottes faisaient ventouses. En période sèche, elle ressemble à de la farine. Je referais le test de décantation dans un bocal et posterai la photo.
Oui c’est une belle rénovation (enfin plutôt une déconstruction suivie d’une construction), mais c’est dur !
Bonjour julien44
Les valeurs de compression des mortiers de chaux NHL3,5 sont admis pour être de 3,5 MPa à 28 jours de prise, soit 35kg au cm2. (d’où le nom de chaux 3,5; idem pour la 2 et la 5) et le ciment est considéré à 35 MPa à 28 jours. Les chaux ont tendance à être très lentes à prendre et donc sont plus résistantes après 28 jours, alors que le ciment a quasiment fini sa prise à 28 jours.
Pour un usage domestique, et bien ça dépend de ton usage. Prends une chaise, mesure la surface de répartition de la charge de ses pieds et compte quelle pression tu exerces sur ton sol. Si ta chaise à 4 pieds de 2,5cm2 et que tu pèse 100kg, la pression est de 1Mpa.
Pour préserver ta dalle de terre crue huilée (l’huile doit former une croute qui renforce la résistance au poinçonnement en surface), interdit les haut talons ! et adopte les meubles aux pieds plus larges.
La terre est un matériau formidable, vue ton expérience et ton étude de sol, je pense que ton sol est surtout limoneux et peu argileux (colle mouillé mais poussière une fois sec). Pour faire un bon béton de terre il lui manquerait peut être un peu de sable grossier pour lui donner de la structure et un peu de liant (argile). Le test de décantation en bocal est très simple et intéressant.
Mais n’hésite pas à faire des essais.
L’adjonction de paille dans le béton permet de le fibrer et de lui donner une meilleure résistance.
Bonne continuation
Frédéric LP
Bonjour Julien,
Dans ton propos, je crois qu’il ne faut pas confondre résistance à la compression et résistance au poinçonnement.
Pour répondre à tes interrogations :
L’isolant en liège sous ton plancher chauffant s’assura que la chaleur ira bien dans la chape d’enrobage et non dans la dalle de compression du plancher hourdis juste en dessous.
Je n’ai pas bien compris les 10 cm de tes lambourdes. Des lambourdes de 25 mm d’épaisseur peuvent suffire pour la pose d’un parquet (et mini 80 mm de large).
Je ne pense pas qu’il soit utile de rajouter quoi que ce soit dans ton mélange sous parquet sachant que le principal problème serait celui de remontées d’humidité, qui ne s’occasionneront pas en présence du plancher hourdis.
Pour le revêtement en carreaux par contre il pourrait être utile de limiter la fissuration en formulant le mélange (l’analyse ne permet d’identifier la présence d’argile, de sable et de fine) qui sera réactif à l’hygrométrie des locaux et du principe de ventilation et de l’occupation.
Pour les zones destinées à rester en terre, un complément de granulat dans le mélange parait judicieux pour la bonne résistance du revêtement, à la fissuration notamment. Tu trouveras de la littérature à ce sujet.
Enfin, le compactage est indispensable, à l’aide d’un pisoir par exemple. Une attention particulière sera portée à l’ouvrabilité du mélange, dont le gâchage pourra être réalisé à la bétonnière, et qui ne doit être ni trop humide ni trop sec. Des essais préalables sont à réaliser.
Bons travaux à toi.
Christophe.
Merci pour vos réponses. Je pense donc poser un isolant en liège d’épaisseur 4 cm puis :
- dans la zone recouverte de lambourdes et parquet bois : déposer la terre telle quelle et la tasser à la dameuse.
- dans les zones recouvertes de terre cuite, travertin ou d’huile de lin : un mélange de terre, sable et fibres (paille hachée ou autre céréale, crottin de cheval ou bouse de vache) brassé à la bétonnière puis tassé. Je mettrai un panneau pour interdire les talons aiguilles dans les zones à risque

Ci-joint la photo du « test du bocal ». Je n’arrive pas à distinguer autre chose que de l’argile et de l’eau, même après plusieurs jours de décantation.
J’ai hâte d’y être !